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Tome I.
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SCÈNE X.

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mariage change bien les gens, et vous ne m’auriez ]ias dit celail y a dix-huit mois.

MOLIÈRE.

Taisez-vous, je vous prie.

MADEMOISELLE MOLIÈRE.

C’est une chose élrange qu'une petite cérémonie soit capa-ble de nous ôter toutes nos belles qualités, et qu’un mari etun galant regardent la même personne avec des yeux sidifférents.

MOLIÈRE.

Que de discours !

MADEMOISELLE MOLIÈRE.

Ma foi, si je faisais une comédie, je la ferais sur ce sujet.Je justifierais les femmes de bien des choses dont on les ac-cuse ; et je ferais craindre aux maris la différence qu'il y a deleurs manières brusques aux civilités des galants,

MOLIÈRE.

Ah! laissons cela. Il n’est pas question de causer mainte-nant : nous avons autre chose à faire.

MADEMOISELLE RÉJART.

Mais puisqu’on vous a commandé de travailler sur le sujetde la critique qu’on a faite contre vous, que n’avez-vous fait,cette comédie des comédiens, dont vous nous avez parlé il ya longtemps? C’était une affaire toute trouvée, et qui venaittort bien à la chose ; et d’autant mieux qu’ayant entrepris deVous peindre, ils vous ouvraient l’occasion de les peindreaussi, et que cela aurait pu s’appeler leur portrait, à bienPlus juste titre que tout ce qu’ils ont fait ne peut être appeléle vôtre. Car vouloir contrefaire un comédien dans un rôlecomique, ce n’est pas le peindre lui-même, c’est peindre d’a-I"'es lui les personnages qu’il représente, et se servir desuiêmes traits et des mêmes couleurs qu’il est obligé d’em-Ployer aux différents tableaux des caractères ridicules qu’ilunité d’après nature ; mais contrefaire un comédien dans desr °les sérieux, c’est le peindre par des défauts qui sont entiè-r, 'Oient de lui, puisque ces sortes de personnages ne veulent111 l es gestes ni les tons de voix ridicules dans lesquels on le^connaît.

MOLIÈRE.

. 11 est vrai ; mais j’ai mes raisons pour ne le pas faire, etje n ai pas cru, entre nous, que la chose en valût la peine,vt puis il fallait plus de temps pour exécuter cette idée,-onime leurs jours de comédie sont les mêmes que les nû-res > à peine ai-je été les voir que trois ou quatre fois depuis