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L’IMPROMPTU DE VERSAILLES.
que nous sommes à Paris; je n’ai attrapé de leur manière deréciter que ce qui m’a d’abord sauté aux yeux, et j'aurais eubesoin de les étudier davantage pour faire des portraits bienressemblants.
MADEMOISELLE DU PARC.
Pour moi, j’en ai reconnu quelques-uns dans votre bouche.
MADEMOISELLE DE BRIE.
Je n’ai jamais ouï parler de cela.
MOLIÈRE.
C’est une idée qui m’avait passé une fois par la tête, etque j'ai laissée là comme une bagatelle, une badinerie, quipeut-être n’aurait pas fait rire.
MADEMOISELLE DE BRIE.
Dites-la-moi un peu, puisque vous l’avez dite aux autres,
MOLIÈRE.
Nous n’avons pas le temps maintenant.
MADEMOISELLE DE BRIE.
Seulement deux mots.
MOLIÈRE.
J’avais songé une comédie où il y aurait eu un poète, quej’aurais représenté moi-même, qui serait venu pour offrir unepièce à une troupe de comédiens nouvellement arrivés de lacampagne. « Avez-vous, aurait-il dit, des acteurs et des ac-t rices qui soient capables de bien faire valoir un ouvrage ? carma pièce est une pièce... —Eh! Monsieur, auraient répondules comédiens, nous avons des hommes et des femmes quiont été trouvés raisonnables partout où nous avons passé. —Et qui fait les rois parmi vous? —Voilà un acteur qui s’endémêle parfois. — Qui ? ce jeune homme bien fait? Vous mo-quez-vous ? Il faut un roi qui soit gros et gras comme quatre ;un roi, morbleu! qui soit entripaillé comme il faut; un roid’une vaste circonférence, et qui puisse remplir un trônede la belle manière. La belle chose qu’un roi d’une taille ga-lante! Voilà déjà un grand défaut. Mais que je l’entende unpeu réciter une douzaine de vers, p Là-dessus le comédienaurait récité, par exemple, quelques vers du roi, de Nico-mède :
Te le dirai-je, Araspe ? il m*a trop bien servi,
Augmentant mon pouvoir...
le plus naturellement qu’il lui aurait été possible. Et lepoète ; « Comment! vous appelez cela réciter? C’est se rail-ler; il faut dire les choses avec emphase. Écoulcz-moi.
(il contrefait Montfleury, comédien dcThôtcl de Bourgogne.)
Te le dirai-je, Araspe ? etc.