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Tome I.
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LE FESTIN DE PIERRE.

SCENE VIII.

DON JUAN, SGANARELLE, RAGOTIN.

RAGOTIN.

Monsieur, voici une dame voilée qui vient vous parler.

I>ON JUAN.

Que pourrail-ce être?

SGANARELLE.

11 faut voir.

SCÈNE IX.

DONE ELVIRE, voilée ; DON JUAN, SGANARELLE.

DONE ELVIRE.

Ne soyez point surpris, don Juan, de me voir à cette heureet dans cet équipage. C’est un motif pressant qui m’oblige àcelte visite, et ce que j’ai à vous dire ne veut point du toutde retardement. Je ne viens point ici pleine de ce courrouxque j'ai tantôt fait éclater, et vous me voyez bien changéede ce que j etais ce matin. Ce n’est point cette done Elvirequi faisait îles vœux contre vous, et dont l'âme irritée nejetait que menaces et ne respirait que vengeance. Le ciel abanni de mon âme toutes ces indignes ardeurs que je sentaispour vous, tous ces transports tumultueux d'un attachementcriminel, tous ces honteux emportements d’un amour ter-restre et grossier; et il n'a laissé dans mon cœur pour vousqu'une flamme épurée de tout le commerce de; s ns, unetendresse toute sainte, un amour détaché de tout, qui n’agitpoint pour soi, et ne se met en peine ([ne de votre intérêt.

DON JUAN, bas, à Sganarcllc.

Tu pleures, je pense?

SGANARELLE.

Tardoiin z-moi.

DONE ELVIRE.

C’est ce parfait, et pur amour qui me conduit ici pourvotre bien, pour vous faire part d’un avis du ciel, et tâcherde vous retirer du précipice où vous courez. Oui, don Juan,je sais tous les dérèglements de votre vie; et ce même ciel,qui m a louché le cœur et fait jeter les yeux sur les égare-ments de ma conduite, m’a inspiré de vous venir trouver, etde vous dire de sa part que vos offenses ont épuisé sa misé-