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Tome I.
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580 LE MISANTHROPE.

Et mon valet de chambre est mis dans la gazette.

ARSINOÉ.

Pour moi, je voudrais bien que, pour vous montrer mieux,Une charge à la cour vous pût frapper les yeux.

Pour peu que d'y songer vous nous fassiez les mines,

On peut, pour vous servir, remuer des machines;

Et j'ai des gens en main que j’emploierai pour vous,

Qui vous feront à tout un chemin assez doux.

ALCESTE.

El que voudriez-vous, Madame, que j'y fisse?

L'humeur dont je me sens veut que je m'en bannisse;

Lr ciel ne m’a point fait, en me donnant le jour,l ue àme compatible avec l'air de la cour.

Je ne me trouve point les vertus nécessairesPour y bien réussir, et faire mes affaires.

Être franc et sincère est mon plus grand talent;

Je ne sais point jouer les hommes eu parlant ;

Et qui n’a pas le don de cacher ce qu’il penseDoit faire en ce pays fort peu de résidence.

Hors de la cour, sans doute, on n'a pas cet appui,

El ces titres d'honneur qu elle donne aujourd’hui ;

Mais on n’a pas aussi, perdant ces avantages,

Le chagrin déjouer de fort sots personnages:

On n'a point à souffrir mille rebuts cruels,

On n'a point à louer les vers de messieurs tels,

A donner de l'encens à madame une telle,

Et de nos francs marquis essuyer la cervelle.

ARSEVOË,

Laissons, puisqu'il vous plaît, ce chapitre de cour :

Mais il faut que mon cœur vous plaigne en votre amour,Et, pour vous découvrir là-dessus mes pensées,

Je souhaiterais fort vos ardeurs mieux placées.

Vous méritez sans doute un sort beaucoup plus doux,

Et celle qui vous charme est indigne de vous.

ALCESTE.

Mais en disant cela, songez-vous, je vous prie,

Que celle personne est, Madame, votre amie?

ARSINOÉ.

Oui. Mais ma conscience est blessée en effetDe souffrir plus longtemps le tort que l’on vous fait.L'étal où je vous vois afflige trop mon âme,

Et je vous donne avis qu'on trahit votre flamme.

ALCESTE.

C'est me montrer, Madame, un tendre mouvement,