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LE MISANTHROPE.
ALCESTE.
Ali! traîtresse! mon faible est étrange pour vous;
Vous me trompez, sans cloute, avec des mots si doux;Mais il n'importe, il faut suivre ma destinée :
A votre foi mon àme est tout abandonnée;
Je veux voir jusqu’au bout quel sera votre cœur,
Et si de me trahir il aura la noirceur.
CÉL1MÈXE.
Non. vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime.ALCESTE.
Ah ! rien n’est comparable à mon amour extrême ;
Et, dans l'ardeur qu'il a de se montrer à tous,
Il va jusqu'à former des souhaits contre vous.
Oui, je voudrais qu’aucun ne vous trouvât aimable,
Que vous fussiez réduite en un sort misérable;
Que le ciel, en naissant, ne vous eilt donné rien;
Que vous n’eussiez ni rang, ni naissance, ni bien,
Afin que de mon cœur l’éclatant sacrificeVous piit d’un pareil sort réparer l’injustice;
Et que j'eusse la joie et la gloire en ce jourDe vous voir tenir tout des mains de mon amour.
CÉLIMÈXE.
C’est me vouloir du bien d’une étrange manière!
Me préserve le ciel que vous ayez matière...
Voici monsieur Dubois plaisamment figuré.
SCÈNE IY.
CÉLIMÈNE , ALCESTE , DUBOIS.
ALCESTE.
Que veut cet équipage et cet air effaré?Qu’as-tu?
DUBOIS.
Monsieur...
Qu'est-ce ?
ALCESTE.
Eh bien ?
DUBOIS.
Voici bien des mystères.
ALCESTE.
DUBOIS.
Nous sommes mal, Monsieur, dans nos affaires
ALCESTE.
Quoi ?