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ACTE III, SCÈNE II.
sur quoi cette imagination leur est venue, mais quand j'ai vuqu’à toute force ils voulaient que je fusse médecin, je me suisrésolu de l’être aux dépens de qui il appartient. Cependantvous ne sauviez croire comment l’erreur s’est répandue, etde quelle façon chacun est endiablé à me croire habile homme.On me vient chercher de tous côtés ; et si les choses vonttoujours de même, je suis d’avis de m’en tenir toute ma vieà la médecine. Je trouve que c’est le métier le meilleur detous; car, soit qu’on fasse bien, ou soit qu’on fasse mal, onest toujours payé de même sorte. La méchante besogne neretombe jamais sur notre dos ; et nous taillons comme il nouspiaitsur l’étoffe où nous travaillons. Un cordonnier, en fai-sant des souliers, ne saurait gâter un morceau de cuir qu’iln’en paye les pots cassés; mais ici l’on peut gâter un homme,sans qu’il en coûte rien. Les bévues ne sont point pour nous,et c’est toujours la faute de celui qui meurt. Enfin, le bon decette profession est qu'il y a parmi les morts une honnêteté,une discrétion la plus grande du monde ; et jamais on n’envoit se plaindre du médecin qui l’a tué.
LÉANDRE.
Il est vrai que les morts sont fort honnêtes gens sur cettematière.
SGANARELLE, voyant des hommes qui viennent à lui.
Voilà des gens qui ont la mine de me venir consulter, (aLéancive.) Allez toujours m’attendre auprès du logis de votremaîtresse.
SCÈNE II.
THIBAUT, PERRIN SGANARELLE.
THIBAUT.
Monsieu, je venons vous charcher, mon fils Perrin et moi.
SGANARELLE.
Qu'y a-t-il ?
THIBAUT.
Sa pauvre mère, qui a nom Parelte, est dans un lit ma-lade il y a six mois.
SGANARELLE, tendant la main comme pour recevoir de l’argent.
Que voulez-vous que j’y fasse?
THIBAUT.
Je voudrions, Monsieu, que vous nous baillissiez queuquepetite drôlerie pour la garir.
T- I.
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