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Tome II.
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AMPHITRYON.

Obligé de s’immoler.

Jour et nuit, grêle, venl, péril, chaleur, froidure,

Dès qu'ils parlent, il faut voler.

Vingt ans d'assidu serviceN’en obtiennent rien pour nous.

Le moindre petit capriceNous attire leur courroux.

Cependant notre Ame insenséeS'acharne au vain honneur de demeurer près d’eux,

Et. s’y veut contenter de la fausse pensée

Qu'ont tous les autres gens, que nous sommes heureux.

Vers la retraite en vain la raison nous appelle,

En vain notre dépit quelquefois y consent;

Leur vue a sur notre zèleUn ascendant trop puissant,

Et da moindre faveur d’un coup d’œil caressantNous rengage de plus belle.

Mais enfin, dans l’obscurité,

Je vois notre maison, et ma frayeur s’évade.

Il me faudrait, pour l’ambassade,

Quelque discours prémédité.

Je dois aux yeux d'Alcmène un portrait militaireDu grand combat qui met nos ennemis à bas;

Mais comment diantre le faire,

Si je ne m’y trouvai pas ?

N'importe, parlons-eu et d’estoc et de taille,

Comme oculaire témoin.

Combien de gens font-ils des récits de batailleDont ils se sont tenus loin !

Pour jouer mon rôle sans peine,

Je le veux un peu repasser.

Voici la chambre où j’entre en courrier que l’on mène,

Et cette lanterne est Alcmène,

A qui je me dois adresser.

(Sosie pose sa lanterne a terre.)

Madame, Amphitryon, mon maître et votre époux...

(Bon! beau début!) l'esprit toujours plein de vos charmes,M'a voulu choisir entre tousPour vous donner avis du succès de ses armes,

El du désir qu'il a de se voir près de vous.

« Ah! vraiment, mon pauvre Sosie,

« A te revoir j’ai de la joie au cœur. »

Madame, ce m’est trop d'honneur,

Et mon destin doit faire envie.