ACTE I, SCÈNE IV. 10S
CLÉANTIHS.
Mais avec cette brusquerie,
Traître.! de moi le séparer!
MERCUIIF..
Le beau sujet de fâcherie!
Nous avons tant de temps ensemble à demeurer!
CLÉANTIHS.
liais quoi! partir ainsi d'une façon brutale,
Sans me dire un seul mot de douceur pour régale ( 1}!mf.hcoe.
Diantre! où veux-tu que mon espritT aille chercher des fariboles?
Quinze ans de mariage épuisent les paroles-.
Et depuis un long temps nous nous sommes tout dit.
CLÉANTIHS. •
ltcgarde, traître, Amphitryon;
Vois combien pour Alcmène il étale de-flamme;lit rougis, là-dessus, du pende passionQue lu témoignes pour ta femme.
MEiiccnn.
lté! mon Dieu! Cléanthis, ils sont encore amants.
Il est certain Age, où tout passe;
Et. ce qui leur sied bien dans ces commencements,
En nous, vieux mariés, aurait mauvaise grâce.
Il nous ferait beau voir, attachés face à lace,
A pousser les beaux sentiments!
CLKANTIIIS.
Quoi! suis-je hors d’état, perfide, d'espérerQu'un co-ur auprès de moi soupire?
MEI1CURE.
Non, je n'ai garde de le dire;
Mais je suis trop barbon pour oser soupirer,
El je ferais crever de rire.
CLÉANTIHS.
Mèriles-ln, pendard, cet insigne bonheurDe te voir pour épouse une femme d'honneur?
SIERCL'Iilï.
Mon Dieu! lu n’es que trop honnête;
Ce grand honneur 11 e me vaut rien.
Ne sois point si femme de bien.
Et me romps un peu moins la tête.
(1) Ce mot était on usage du temps de Molière. On le trouve dans la premièreédition du Dictionnaire de l'Académie , donnée eu IGiil.