142 AMPHITRYON.
A te donner encore un nom que je défends.
SOSIE.
Non, ce n'est pas moi que j’entends ;
Et je parle d'un vieux SosieQui fut jadis de mes parents, ■
Qu'avec très grande barbarie,
A l’heure du dîner, l’on chassa de céans.
MERCURE.
Prends garde de tomber dans cette frénésie,Si tu veux demeurer au nombre des vivants,
SOSIE, il part.
Que je te rosserais, si j'avais du courage,Double lils de putain, de trop d'orgueil enflé.
MERCURE.
Que dis-tu?
SOSIE.
Rien.
MERCURE.
Tu tiens, je crois, quelque langage.SOSIE.
Demandez, je n'ai pas soufflé.
MERCURE.
Certain mot de Iils do putainA pourtant frappé mon oreille;
11 n'est rien (le plus certain.
SOSIE.
C’est donc un perroquet, que le beau temps réveille.
MERCURE.
Adieu. Lorsque le dos pourra te démanger,
Voilà l'endroit où je demeure.
SOSIK , seul.
O ciel ! (pie l'heure de manger,
Pour être mis dehors, est une maudite heure 1Allons, cédons au sort dans notre alïliction,
Suivons-en aujourd'hui l'aveugle fantaisie ;
Et, par une juste union,
Joignons le malheureux SosieAu malheureux Amphitryon.
Je l'aperçois venir en bonne compagnie.