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Tome II.
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L’AVARE.

VALEUR.

Cela est vrai. Mais elle pourrait vous dire quec'est un peuprécipiter les choses, et qu’il faudrait au moins quelquetemps pour voir si sou inclination pourrait s'accommoderavec...

HARPAGON.

C'est une occasion qu’il faut prendre vite aux cheveux. Jetrouve ici un avantage qu’aillcurs je ne trouverais pas; et ils’engage à la prendre sans dot.

VALÈRE.

Sans dot?

HARPAGON.

Olli.

VALÈRE.

Ali ! je ne dis plus rien. Voyez-vous? voilà une raison toutà fait convaincante; il se faut rendre à cela.

HARPAGON.

C’est pour moi une épargne considérable.

VAI.ÈRE.

Assurément; cela ne reçoit point de contradiction. II estvrai que votre fille vous peut représenter que le mariage estune plus grande affaire qu’on 11e peut croire; qu’il y vad'être heureux ou malheureux toute sa vie ; et qu’un enga-gement qui doit durer jusqu'à la mort ne se doit jamais fairequ'avec de grandes précautions.

HARPAGON.

Sans dot!

VALÈRE.

Vous avez raison! voilà qui décide tout ; cela s’entend. Ily a des gens qui pourraient vous dire qu’en de telles occa-sions l'inclination d'une tille est une chose, sans doute, oùl’on doit avoir de l’égard ; et que cette grande inégalité d’àge,d’tuuneur et de sentiments, rend un mariage sujet à des ac-cidents très fâcheux.

HARPAGON.

Sans dot !

VALÈRE.

Ah ! il n'y a pas de réplique à cela; on le sait bien! Quidiantre peut aller là contre? Ce 11’est pas qu’il n’y ait quan-tité de pères qui aimeraient mieux ménager la satisfactionde leurs tilles que l’argent qu’ils pourraient donner; qui neles voudraient point sacrifier à l'inlérèl, et chercheraient,plus (pie toute autre chose, à mettre dans un mariage cettedouce conformité qui sans cesse y maintient l'honneur, latranquillité et la joie: et que...