170 L’AVARE.
moquc-l-il du monde ? El l'amour a-l-il été fait pour des gensbillis comme lui?
CLÉANTE.
Il a fallu, pour mes péchés, (pie celle passion lui soit ve-nue en tête.
LA FLÈCHE.
Mais par quelle raison lui faire un mystère de votreamour ?
CLÉANTE.
Pour lui donner moins de soupçon, et me conserver, aubesoin, des ouvertures plus aisées pour détourner ce mariage.Quelle réponse t'a-t-on faite?
LA FLÈCHE.
Ma foi, Monsieur, ceux qui empruntent sont bien malheu-reux ; et il faut essuyer d'étranges choses, lorsqu'on euest réduit à passer, comme vous,, par les mains des fesse -matlhieux (1).
CLÉANTE.
L'affaire ne se fera point ?
LA FLÈCHE.
Pardonnez-moi. Notre maître Simon, le courtier qu’onnousa donné, homme agissant et plein de zèle, dit qu'il afait rage pour vous, et il assure que votre seule physionomielui a gagné le cœur.
CLÉANTE.
J'aurai les quinze mille francs que je demande?
LA FLÈCHE.
Oui; mais à quelques petites conditions qu'il faudra quevous acceptiez, si vous avez dessein que les choses se fas-sent.
CLÉANTE.
T'a-t-il fait parler à celui qui doit prêter l’argent?
Ll FLÈCHE.
Ah! vraiment, cela ne va pas de la sorte. II apporte encoreplus de soin à se cacher que vous; et ce sont des mystèresbien plus grands que vous ne pensez. On ne vent point dutout dire son nom; et l’on doit aujourd'hui l'aboucher avecvous dans une maison empruntée, pour être instruit parvotre bouche de votre bien et de votre famille ; et je ne doutepoint (pie le seul nom de votre père ne rende les choses fa-ciles.
(11 Avant sa convorsion, saint Mathieu était receveur dos tributs, et la ma-lignité lui attribuait doa prêta uRurairos. Do là l'ancienne oxproesiou provorbialo,/ester saint Matthieu, pour prêter à ubutq, et, par corruption, fesse-Matthieu.