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L’AVARE.
HARPAGON.
Mon dieu ! nous savons le train des enfants dont les pèresse remarient, et. de quel œil ils ont coutume de regarder ce([non appelle belle-mère; mais si vous souhaitez que je perdele souvenir de votre dernière fredaine, je vous recommandesurtout de régaler d’un bon visage celle personne-là, et delui faire enfin tout le meilleur accueil qu’il vous sera possible.
CLÉANTE.
Avons dire le vrai, mon père, je ne puis pas vous promettred’être bien aise qu’elle devienne ma belle-mère : je mentiraissi je vous le disais; mais pour ce qui est do la bien recevoir etde lui faire bon visage, je vous promets de vous obéir ponc-tuellement sur ce chapitre. ■
HARPAGON.
Trcnez-y garde au moins.
CLÉANTE.
Vous verrez que vous n’aurez pas sujet de vousen plaindre.
HARPAGON.
Vous ferez sagement.
SCÈNE y.
HARPAGON, VALÈRE, MAITRE JACQUES.
HARPAGON.
Valère, aide-moi à ceci. Orçà, maître Jacques, approchez-vous, je vous ai gardé pour le dernier.
MAÎTRE JACQUES.
Est-ce à votre cocher, Monsieur, ou bien à votre cuisinier,que vous voulez parler? car je suis l’un et l’autre.
HARPAGON.
C’est à tous les deux.
MAÎTRE JACQUES.
Mais à qui des deux le premier ?
HARPAGON.
Au cuisinier.
MAÎTRE JACQUES.
Attendez donc, s’il vous plaît.
(Maître Jacques ôte sa casaque (le cocher, et paraît vêtu en cuisinier.)
HARPAGON.
Quelle diantre de cérémonie est-ce là?
MAÎTRE JACQUES.
Vous n’avez qu'à parler.
HARPAGON.
Jeme suis engagé, maître Jacques, à donner ce soir à souper.