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Tome II.
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• L'AVARE.

«■'ROSINE.

Mais avez-vous su quel il est?

MAUIYNIÎ.

Non. je ne sais point quel il est. Mais je, sais qu’il est tait(l’un air à se faire aimer ; que si l’on pouvait mettre les chosesà mon choix, je le prendrais plutôt qu’un autre, et qu’il necontribue pas peu à me faire trouver un tourment effroyabledans l'époux qu’on veut me donner.

KROSINE.

Mon Dieu ! tous ces blondi us sont agréables, et débitentfort bien leur fait ; mais la plupart sont gueux comme desrats : il vaut mieux, pour vous, de prendre un vieux mariqui vous donne beaucoup de bien. Je vous avoue que les sensne trouvent pas si bien leur compte du côté (pie je dis, etqu’il y aquelques petits dégoûts à essuyer avec un tel époux ;mais cela n’est pas pour durer -, et sa mort, croyez-moi, vousmettra bientôt en état d'en prendre un plus aimable, qui ré-parera toutes choses.

MARIANE.

Mon Dieu! Frosine, c’est une étrange affaire, lorsque,pour être heureuse, il faut souhaiter ou attendre le trépasde quelqu’un ; et la mort ne suit pas tous les projets quenous faisons.

KROSINE.

Vous moquez-vous? Vous ne l’épousez qu'aux conditionsde vous laisser veuve bientôt; et ce doit être là un des ar-ticles du contrat. Il serait bien impertinent de ne pas mou-rir dans trois mois ! Le voici en propre personne.

MARIANE.

Ah! Frosine, quelle figure!

SCÈNE IX.

HARPAGON, MAIUANE, FROSINE.

HARPAGON, à Mariane.

Ne vous offensez pas, ma belle, si je viens à vous avec deslunettes. Je sais que vos appas frappent assez les yeux, sontassez visibles d’eux-mêmes, et qu’il n’est pas besoin de lu-nettes pour les apercevoir; mais enfin, c’est, avec des lunettesqu’on observe les astres, et je maintiens et garantis que vousêtes un astre, mais un astre, le plus bel astre qui soit dans lepays des astres. Frosine, elle ne répond mot, et ne témoigne,ce me semble, aucune joie de me voir.