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Tome II.
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L’AVAEE.

CLÉANTE.

Que veux-tu? c’est ma mauvaise destinée qui l'a vouluainsi. Mais, belle Mariane, quelles résolutions sont les vôtres?

MARIANE.

üélas! suis-je en pouvoir de faire des résolutions? Et, dansla dépendance où je me vois, puis-je former que des souhaits ?

CLÉANTE.

Point d’autre appui pour moi dans votre cœur que de sim-ples souhaits? Point de pitié officieuse? Point de secourablebonté? Point d’affection agissante?

MARIANE.

Que saurais-je vous dire? Mettez-vous en ma place, etvoyez ce que je puis faire. Avisez, ordonnez vous-même : jem en remets à vous, et je vous crois trop raisonnable pourvouloir exiger de moi que ce qui peut m’être permis parl’honneur et la bienséance.

CLÉANTE.

Hélas ! où me réduisez-vous, que de me renvoyer à ce quevoudront me permettre les fâcheux sentiments d’un rigou-reux honneur et d’une scrupuleuse bienséance?

MAMAN li.

Mais que voulez-vous que je fasse ? Quand je pourrais pas-ser sur quantité d’égards où notre sexe estoldigé, j’ai de laconsidération pour ma mère. Elle m’a toujours élevée avecune tendresse extrême, et je ne saurais me résoudre à luidonner du déplaisir. Faites, agissez auprès d’elle ; employeztous vos soins à gagner son esprit. Vous pouvez faire et diretout ce que vous voudrez ; je vous en donne la licence ; et s'ilne lient qu’à me. déclarer en votre faveur, je veux bien con-sentir à lui faire un aveu, moi-même, de tout ce que je senspour vous.

CLÉANTE.

Frosine, ma pauvre Frosinc, voudrais-tu nous servir?

FROSINE,

Par ma foi, faut-il le demander? je le voudrais de fouimon cœur. Vous savez que, de mon naturel, je suis assezhumaine. Le ciel ne m’a point fait l’àme de bronze, et je n'aique trop de tendresse à rendre de petits services, quand jevois des gens qui s’entr’aiment en tout bien et en tout hon-neur. Que pourrions-nous faire à ceci ?

CLÉANTE.

Songe un pou, je te prie.

MARIANE.

Ouvre-nous des lumières.