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ACTE IV, SCÈNE I.
ÉLISE.
Trouve quelque invention pour rompre ce que tu as fait.
FKOSINE.
Ceci est assez difficile, (a Muriane.) Pour votre mère, ellen’est pas (oui à fait déraisonnable, et peut-être pourrait-onla gagner et la résoudre à transporter au fils le don qu’elleveut faire au père, (a Cléante.) Mais le mal que j'y trouve,c'est que. votre père est votre père.
CLÉANTE.
Cela s’entend.
FIIOSINE.
Je veux dire qu’il conservera du dépit sil’on montre qu’onle refuse, et qu'il ne sera point d’humeur ensuite à donnerson consentement à votre mariage. 11 faudrait, pour bienfaire, «pie le refus vint de lui-même, et tâcher, par quelquemoyen, de le dégoûter de votre personne.
CLÉANTE.
Tu as raison.
FKOSINE.
Oui, j'ai raison ; je le sais bien. C'est là ce qu’il faudrait ;mais le diantre ( 1) est d’en pouvoir trouver les moyens. At-tendez : si nous avions quelque femme un peu sur l'àge quifût de mon talent, et jouât assez bien pour contrefaire unedame de qualité, par le moyen d’un train fait à la lutte, etd’un bizarre nom de marquise ou de vicomtesse, que noussupposerions de la liasse-Bretagne, j’aurais assez, d’adressepour faire accroire à votre père que ce serait une personneriche, outre ses maisons, de cent mille écus en argent comp-tant ; quelle serait éperdument amoureuse de lui, et souhai-terait de se voir sa femme, jusqu’à lui donner tout son bienpar contrat de mariage; et je ne doute point qu’il ne prêtâtl’oreille à la proposition. Car enfin il vous aime fort, je lesais, mais il aime un peu plus l’argent ; et quand, ébloui dece leurre, il aurait une fois consenti à ce qui vous touche, ilimporterait peu ensuite qu'il se désabusât., en venant à vou-loir voir clair aux effets de notre marquise.
CLÉANTE.
Tout cela est fort bien pensé.
(1) Suivant Ménage « cetto expression a été imaginée pour éviter cio so servircia mot diable. Molière n’est pas le seul qui ait employé ce mot dans ce sens ;longtemps avant lui, Ralielais avait dit, Créature dit grand vilain diantred'enfer <liv. 111, ch. III).