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Tome II.
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ACTE I, SCÈNE VII.

un homme qui sait la médecine à fond, comme je sais macroix de par Dieu, et qui, quand on devrait crever, ne dé-mordrait pas d’un iota des règles des anciens. Oui, il suittoujours le grand chemin, le grand chemin, et ne va pointchercher midi à quatorze heures; et, pour tout l'or du monde,il ne voudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres re-mèdes que ceux que 4a Faculté permet.

ÉRASTE.

Il fait fort bien. Un malade ne doit point vouloir guérirque la Faculté n’y consente.

l'apothicaire.

Ce n’est pas parce que nous sommes grands amis que j’enparle ; mais il y a plaisir, il y a plaisir d’être son malade ; etj’aimeraismieux mourir de ses remèdes que deguérirdeceuxd'un autre. Car, quoi qu'il puisse arriver, on est assuré queles choses sont toujours dans l’ordre ; et, quand on meurtsous sa conduite, vos héritiers n’ont rien à vous reprocher.

ÉRASTE.

C’est une grande consolation pour un défunt !

L’APOTHICAIRE.

Assurément . On est bien aise au moins d’êlremort métho-diquement. Au reste, il n’est pas de ces médecins qui mar-chandent les maladies ; c’est un homme expéditif, expéditif,qui aime à dépêcher ses malades; et, quand on a à mourir,cela se fait avec lui le plus vile du monde.

EIUSTE.

En effet, il n’est rien tel que de sortir promptement d’af-faire.

l'apothicaire.

Cela est vrai. A quoi bon tant barguigner (1) et tant tour-ner autour du pot? Il faut savoir vilement le court ou lelong d’une maladie.

ÉnvsTE.

Vous avez raison.

l'apotiiicaire.

Voilà déjà trois de mes enfants dont il m’a fait l’honneurde conduire la maladie, qui sont morts en moins de quatrejours, et qui, entre les mains d’un autre, auraient langui(dus de trois mois.

ÉRASTE.

Il est bon d’avoir des amis comme cela.

l'apothicaire.

Sans doute. Il ne me reste plus que deux enfants, dont il

(1) Barguigner, marchander avec finosso, hésiter & conclure un marché.