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Tome II.
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M. DE POURCEAUGNAC.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Vous devez, donc ne inc rien cacher.

SBRICANI.

C'est une chose où il y va de l’intérêt du prochain.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Afin de vous obliger à m'ouvrir votre cœur, voilà une pe-tite bague que jé vous prie de garder pour l'amour de moi.

SBRICANI.

Laissez-moi consulter un peu si je le puis faire en con-science. (Après s'être un peu éloigné de monsieur do Pourceaugnac.)C'est un homme qui cherche son bien, qui tâche de pour-voir saillie le plus avantageusement qu'il est possible; et ilne faut nuire à personne ; ce sont des choses qui sont con-nues, à la vérité ; mais j'irais les découvrir à un homme quiles ignore, et il est défendu de scandaliser son prochain, celacstvrai. Mais, d'autre part, voilà un étranger qu’on veut sur-prendre, et qui, de bonne foi, vient se marier avec une fillequ'il ne connaît pas etqu'il n’a jamais vue ; un gentilhommeplein de franchise, pour qui je me sens de l'inclination, quime fait l'honneur de me tenir pour son aini, prend confianceen moi, et me donne ur.e bague à garder pour l'amour de lui.(a monsieur de Pourceaugnac.) Oui, je trouve que je puis VOUSdire les choses sans blesser ma conscience; mais tâchons devous les dire le pins doucement qu’il nous sera possible, etd'épargner les gens le plus que nous pourrons. De vous dire,que celte fille-là mène une vie déshonnête, cela serait unpeu trop fort : cherchons, pour nous expliquer, quelquestermes plus doux. Le mol de galante aussi n’est pas assez;celui de coquette achevée me semble propre à ce que nousvoulons, et je m’en puis servir pour vous dire honnêtementce qu'elle est.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

L'on me veut donc prendre pour dupe ?

SRRIGANI.

Peut-être dans le fond n'y a-t-il pas tant de mal que toutle monde croit; et puis il y a des gens^après tout, qui semettent au-dessus de ces sortes de choses, et qui ne croientpas que leur honneur dépende...

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Je sais votre serviteur; je ne me veux point mettre sur latête un chapeau comme celui-là ; et l’on aime à aller le frontlevé dans la famille des Pourceaugnacs.

SBRICANI.

Voilà le père.