Band 
Tome II.
Seite
323
JPEG-Download
 

323

ACTE II, SCÈNE XII.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Oui ; mais quand il y aurait information, ajournement, dé-® r ®l, et jugement obtenu par surprise, défaut et contumace,

J ai ia voie de conflit de juridiction pour temporiser, et veniraux moyens de nullité qui seront dans les procédures.

SllIUGANI.

Voilà en parler dans tous les termes; et l’on voit bien,Monsieur, que vous Êtes du métier.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Moi! point du tout. Je suis gentilhomme.

SBRICANI.

11 faut bien, pour parler ainsi, que vous ayez étudié laPratique.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Point. Ce n’est que le sens commun qui me fait juger queje serai toujours reçu à mes faits justificatifs-, et qu'on ne incsaurait condamner sur une simple accusation, sans un réco-lemenl et confrontation avec mes parties.

SRRIGANI.

En voilà du plus (in encore.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Ces mols-là me viennent sans que je les sache.

SliRIGANI.

H me semble que le sens commun d’un gentilhomme peutEien aller à concevoir ce qui est du droit et de l’ordre de laJustice, mais non pas à savoir les vrais termes de la chicane.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Ce sont quelques mots que j’ai relenuseu lisant les romans.

SBRICANI.

Ah! fort bien.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Pour vous montrer que je n’entends rien du tout à la chi-cane, je vous prie de me mener chez quelque avocat, pouiconsulter mou affaire.

SBRICANI.

Je le veux, et vais vous conduire chez deux hommes forthabiles ; mais j’ai auparavant à vous avertir de n’être pointsurpris de leur manière de parler : ils ont contracté du bar-reau certaine habitude de déclamation qui fait que l’on di-rait qu'ils chantent; et vous prendrez pour musique tout cequ’ils vous diront.

MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.

Qu’importe comme ils parlent, pourvu qu’ils me disenteeque je veux savoir!