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M. DE POURCEAUGNAC.
vous connaître; et vous avez la mine, comme cela, d’unefemme de condition.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Voilà qui m’étonne, qu’en ce pays-ci les formes de la jus-tice ne soient point observées.
snniGAM.
Oui, je vous l'ai déjà dit, ils commencent ici par faire pen-dre un homme, et [mis ils lui font son procès.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Voilà une justice bien injuste!
SBRICANI.
Elle est sévère comme tous les diables, particulièrementsur ces sortes de crimes.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Mais quand on est innocent?
SBIltCANI.
N'importe ; ils ne s’enquêtent point de cela ; et puis, ils onten cette ville une haine effroyable pour les "eus devotre pays :et ils ne sont point pins ravis que de voir pendre un Limosin.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Qu'est-ce que les Limosins leur ont fait?
SBRIGANI.
Ce sont des brutaux, ennemis de la gentillesse et du mé-rite des autres villes. Pour moi, je vous avoue que je suispour vous dans une peur épouvantable ; et je ne me console-rais de ma vie, si vous veniez à être pendu.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Ce n’est pas tant la peur delà mort qui me fait fuir, que dece qu'il est fâcheux à un gentilhomme d’être pendu, et qu'unepreuve comme celle-là ferait tort à nos titres de noblesse.
SBRIGANI.
Vous avez raison ; on vous contesterait après cela le titred'écuyer. Au reste, étudiez-vous, quand je vous mènerai parla main, A bien marcher'comme une femme, et prendre lelangage et toutes les manières d une personne de qualité.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Laissez-n. oi faire. J'ai vu les personnes du bel air. Tout cequ’il y a, c’est que j'ai un peu de barbe.
SBRIGANI.
Votre barbe .\’est rien ; il y a des femmes qui en ont au-tant que vous. Çà, voyons un peu comme vous ferez. (Aprèsque M. de Pourceaugnac a contrefait la femme de condition.) Bon.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.
Allons donc, mon carrosse. Où est-eequ’est mon carrosse?