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Tome II.
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402 LE BOURGEOIS GENTILHOMME. '

les dames vous prenaient dans leurs bras pour vous baiser.MONSIEUR JOURDAIN.

Pour me baiser?

COVIELLE.

Oui. J'étais grand ami de feu monsieur votre père.

MONSIEUR JOURDAIN.

De feu monsieur mon père?

COVIELLE.

Oui. C’élait un fort honnête gentilhomme.

MONSIEUR JOURDAIN.

Comment dites-vous?

COVIELLE.

Je dis que c’était un fort honnête genlihomme.

MONSIEUR JOURDAIN.

Mon père?

CO VIELLE.

Oui.

MONSIEUR JOURDAIN.

Vous l'avez fort connu?

COVIELLE.

Assurément.

MONSIEUR JOURDAIN.

Et vous l’avez connu pour gentilhomme?

COVIELLE.

Sans doute.

MONSIEUR JOURDAIN.

Je ne sais donc pas comment le monde est fait !

COVIELLE.

Comment?

MONSIEUR JOURDAIN.

Il y a de sottes gens qui me veulent dire qu'il a été mar-chand.

COVIELLE.

Lui, marchand ! C'est pure médisance, il ne l'a jamais été.Tout ce qu’il faisait, c’est qu’il était fort obligeant, fort offi-cieux ; et comme il se connaissait fort bien en étoffes, il enallait choisir de tous les côtés, les faisait apporter chez lui,et en donnait à ses amis pour de l'argent.

MONSIEUR JOURDAIN.

Je suis ravi de vous connaître, afin que vous rendiez cetémoignage-là, que mon père était gentilhomme.

COVIELLE.

Je le soutiendrai devant tout le monde.

MONSIEUR JOURDAIN.

Vous m’obligerez. Quel sujet vous amène?