414 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
tcment le reste de notre écu 1 Je ne vois que chagrin de touscôtes.
SCÈNE IL
DORANTE, DOUIMÈNE.
DOUANTE.
Oui, Madame, vous verrez la plus plaisante chose qu'onpuisse voir ; et je ne crois pas que dans tout le monde il soitpossible de trouver encore un homme aussi fou que celui-là.Et puis, Madame, il faut lâcher descrvir l'amour de Cléontc,et d’appuyer toute sa mascarade. C'est un fort galant homme,et qui mérite que l'on s'intéresse pour lui.
DOUIMÈNE.
J’en fais beaucoup de cas, et il est digne d’une bonne for-tune.
nOlUNTE.
Outre cela, nous avons ici, Madame, un ballet qui nousrevient, que nous ne devons pas laisser perdre ; et il fautbien voir si mon idée pourra réussir.
DOUIMÈNE.
J'ai vu là des apprêts magnifiques, et, ce sont des choses,Dorante, que je ne puis plus souffrir. Oui, je veux enfin vousempêcher vos profusions : et, pour rompre le cours à toutesles dépenses que je vous vois faire pour moi, j'ai résolu deme marier promptement avec vous. C'en est le vrai secret,et toutes ces choses finissent avec le mariage, comme voussavez.
DORANTE.
Ah ! Madame, est-il possible que vous ayez pu prendrepour moi une si douce résolution?’
DOUIMÈNE.
Ce n’est que pour vous empêcher de vous ruiner ; et, sanscela, je vois bien qu'avant qu'il fût peu vous n'auriez pasun sou,
DORANTE.
Que j’ai d'obligation, Madame, aux soins que vous avezde conserver mon bien ! Il est entièrement A vous, aussi bienque mon cœur; et vous en userez de la façon qu'il vousplaira.
DOUIMÈNE.
J'userai bien de tous les deux. Mais voici votre homme :la figure en est admirable.