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Tome II.
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LES FOURBERIES DE SCAPIN.

scapin.

Oh ! je n'en doute point ; ef, sans l'avoir vue, je vois bienquelle était tout à fait charmante.

OCTAVE.

Ses larmes n'élnient point de ces larmes désagréables quidéfigurent un visage; elle avait à pleurer une grâce ton*chante, et sa douleur était la plus belle du inonde.

SCAi’iN.

Je vois tout cela.

OCTAVE.

Elle faisait fondre chacun en larmes, en se jetant amoureu-sement sur le corps de cette mourante, qu'elle appelait sachère mère; et il n'y avait personne qui n'eùt l ime percéede voir un si bon naturel.

SCAPIN.

En effet, cela est touchant ; et je vois bien que ce bon na-turel-là vous la fit aimer.

OCTAVE.

Ah! Scapin, un barbare l'aurait aimée.

SCAriN.

Assurément. Le moyen de s’en empêcher!

OCTAVE.

Après quelques paroles, dont je lâchai d'adoucirla douleurde cette charmante affligée, nous sortîmes de là; et deman-dant àLéandrc ce qu’il lui semblait de cette personne, il n>«répondit froidement qu'il la trouvait assez, jolie. Je fus piquedelà froideur avec laquelle il m'en parlait, et je ne vouluspoint lui découvrir l'effet que ses beautés avaient fait surmon âme.

SH.VKSTUE, ii Octave.

Si vous n’abrégez ce récit, nous en voilà pour jusqu'à de-main. Laissez-Ie-moi finir en deux mots, (a Scnpiii.) Son cœurprend feu dès ce moment ; il ne saurait plus vivre qu’il n’ailleconsoler son aimable affligée. Ses fréquentes visites sont re-jetées de la servante, devenue la gouvernante parletrépasdela mère. Voilà mon homme au désespoir; il presse, supplie,conjure ; point d'affaire. On lui dit que la fille, quoique sansbien et sans appui, est de famille honnête, et qu’à inoinsquede l’épouser on ne peut souffrir ses poursuites. Voilà sonamour augmenté par les difficultés. 11 consulte dans sa tôle,agite, raisonne, balance, prend sa résolution ; le voilà marieavec elle depuis trois jours.

SCAPIN.

J’entends.