462 LES FOURBERIES DE SGAPIN.
SCAPIN.
Ce n’est pas lui, Monsieur ; ce n’est pas lui.
SILVESTRE.
N’est-ce point quelqu’un (le ses amis?
SCAPIN.
Non, Monsieur ; au contraire, c’est son ennemi capital.
SILVESTRE.
Son ennemi capital?
SCAPIN.
Oui.
SILVESTRE.
Ah ! parbleu, j’en suis ravi. ( a Avgante.) Vous êtes ennemi)Monsieur, de ce faquin d’Arganle? lié?
SCAPIN.
Oui, oui ; je vous en réponds.
SILVESTRE, secouant rudement la main d’Argnnte.
Touchez là, touchez. Je vous donne ma parole et vous juresur mon honneur, par l’épée que je porte, par tous les ser-ments que je saurais faire, qu’avant la fin du jour je vousdéferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d'Argante. Repo-sez-vous sur moi.
SCAPIN.
Monsieur,lesviolences en ce pays-ci ne son t guère souffertes.
SILVESTRE.
Je me moque de tout, et je n’ai rien à perdre.
SCAPIN.
Il se tiendra sur ses gardes, assurément ; et il a des parent»)des amis et des domestiques, dont il se fera un secours contrevotre ressenliment.
SILVESTRE.
C’est ce que je demande, morbleu ! c’est ce que je demande.(Mettant l'épée à la main.) Ali, tête ! ah, ventre ! Que ne le trou-vé-je à cette heure avec tout son secours ! Que ne parait-il àmes yeux au milieu de trente personnes! Que ne les vois-jcfondre sur moi les armes à la main! (so mettant en garde.)Comment! marauds, vous avez la hardiesse de vous attaquerà moi ! Allons, morbleu, tue ! ( Poussant do tous côtés, commes’il avait plusieurs personnes à combattre.) Point de quartier.Donnons. Ferme.Poussons. Bon pied, bon œil. Ah, coquins,ah, canaille ! vous en voulez par là ! je vous en ferai lâlervotre soûl. Soutenez, marauds; soutenez. Allons. A cettebotte. A cette autre. ( Se tournant du côté d’Argante et de Scapin.)A celle-ci. A celle-là. Comment, vous reculez ! Pied ferme,morbleu ; pied ferme !