4G4
LES FOURBERIES DE SCAPIN.
ARGANTE.
Tiens donc.
SCAPIN.
Non, Monsieur, ne me couliez point voire argent. Je seraibien aise que vous vous serviez de quelque autre.
ARGANTE.
Mon Dieu ! tiens.
SCAPIN.
Non, vous dis-je, ne vous fiez point à moi. Que sait-on sije ne veux point vous attraper votre argent ?
ARGANTE.
Tiens, te dis-je ; ne me fais point contester davantage. Maissonge à bien prendre tes sûretés avec lui.
SCAPIN.
Laissez-moi faire; il n'a pas affaire à un sot.
ARGANTE.
Je vais t’attendre chez moi.
SCAPIN.
Je ne manquerai pas d'y aller, (seul.) Et un. Je n’ai qu’àchercher l’autre. Ah ! ma foi, le voici. Il semble que le ciel,l’un après l’autre, les amène dans mes filets.
SCÈNE VI.
GÉRONTE, SCAPIN,
SCAPIN* faisant semblant de ne pas voir Géronte.
O ciel ! ô disgrâce imprévue ! û misérable père ! PauvreGéronte, que feras-tu ?
GÉRONTE, h part.
Que dit-il là de moi, avec ce visage affligé?
SCAPIN.
N’y a-t-il personne qui puisse me dire où est le seigneurGéronte?
CÉRONTE.
Qu’y a-t-il, Scapin ?
SCAPIN, courant sur le théâtre, sans vouloir entendre ni voir Géronte.
Où pourrai-je le rencontrer, pour lui dire cette infortune ?
GÉRONTE, arrêtant Scapin.
Qu’est-ce que c’est donc ?
SCAPIN,
En vain je cours de tous côtés pour le pouvoir trouver.GÉRONTE.
Me voici.