552
LES FEMMES SAVANTES,
VADIUS.
Vos oilcs ont un air noble, galant et doux,
Qui laisse de bien loin votre Horace après vous.
TUISSOTIN.
Esl-il rien d'amoureux comme vos chansonnettes?VADIUS.
I’eut-on rien voir d'égal aux sonnets que vous faites?
TIÏISSOTIN.
Uien qui soit plus charmant que vos petits rondeaux?VADIUS.
Rien de si plein d'esprit que tous vos madrigaux?
TUISSOTIN.
Aux ballades surtout vous ôtes admirable.
VADIUS.
Et dans les bouts-rimés je vous trouve adorable.
TUISSOTIN.
Si la France pouvait connaître votre prix,
VADIUS.
Si le siècle rendait justice aux beaux esprits,
TRISSOTIN.
lin carrosse doré vous iriez par les rues.
VADIUS.
On verrait le public vous dresser des statues.
(A Trissotin.)
Hom ! C’est une ballade, et je veux que tout netVous m'en...
tiiissotin, a vadius.
Avez-vous vu certain petit sonnetSur la fièvre qui lient la princesse Uranie?
VADIUS.
Oui; hier il me fut lu dans une compagnie.
TIIISSOTIN.
Vous en savez l’auteur ? '
VADIUS.
Non; mais je sais fort bienQu’à ne le point flatter, son sonnet ne vaut rien.
TUISSOTIN.
Beaucoup de gens pourtant le trouvent admirable.
VADIUS.
Cela n’empéche pas qu'il ne soit misérable ;
lai paraissait si belle, qno dans plusieurs endroits de ses œuvres il répète cesmots : r J’ai dit, dans mon égloguo intitulée Christine ». Les églogues de Mé-nage étaient alors connues de tout le monde.