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Tome II.
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ACTE IV, SCÈNE II. 5GI

Sont bien lui» de briller de ces terrestres flammes !

Les sens n’ont point de part à toutes leurs ardeurs ;

Et ce beau feu ne veut marier que ics cœurs.

Comme une chose indigne, il laisse là le reste;

, C’est un feu pur et net comme le feu céleste.

On ne, pousse avec lui que d'honnêtes soupirs,

Et l’on ne penche point vers les sales désirs.

Rien d'impur ne se mêle au but qu’on se propose ;

Ou aime pour aimer, et non pour autre chose ;

Ce n’est qu’à l’esprit seul que vont tous les transports,

Et l'on ne s'aperçoit jamais qu'on ail un corps.

r.iJTANimu.

Pour moi, parmi malheur, je m'aperçois, Madame,

Que j'ai, ne vous déplaise, un corps tout comme une ûme;Je sens qu’il y tient trop pouf le laisser à part :

I)e ces détachements je ne connais point l'art;

Le ciel m’a dénié cette philosophie,

Et mon âme et mon corps marelienl de compagnie.

II n’est rien de plus beau, comme vous avez dit,

Que ces voeux épurés qui ne vont qu’à l'esprit,

Ces unions de cœurs, et ces tendres pensées ,

Du commerce, des sens si bien débarrassées;

Mais ces amours pour moi sont trop subtilisés :

Je suis un peu grossier, comme vous m’accusez;

J’aime avec tout moi-même, et l’amour qu’on me donneEn veut, je le confesse, à toute la personne.

Ce n’est pas là matière à de grands châtiments;

Et, sans faire de tort à vos bons sentiments,

Je vois que, dans le monde, on suit fort ma méthode,

Et que le mariage est assez à la mode,

Passe pour un lien assez honnête et doux,

Pour avoir désiré de me voir votre époux,

Sans que la liberté d’une telle pensée

Ait dâ vous donner lieu d'en paraître offensée.

AIlMVmiii.

Eh bien! Monsieur, ch bien! puisque, sans m’écouler,

Vos sentiments brutaux veulent se contenter;

Puisque, pour vous réduire à des ardeurs fidèles,

11 faut des nœuds de chair, des chaînes corporelles,

Si ma mère le. veut, je résous mon espritA consentir pour vous à ce dont il s’agit.

CLlTANnniï.

11 n’est plus temps, Madame; une autre a pris la place ;

Et, par un tel retour, j’aurais mauvaise grâce