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Tome II.
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LE MALADE IMAGINAIRE.

ANGÉLIQUE.

Mais la grande marque d'amour, c’est d’être soumis auxvolontés de celle qu’on aime.

THOMAS DIAFOIRUS.

Distinguo, Mademoiselle. Dans ce qui ne regarde point sapossession, concéda; mais dans ce qui la regarde, nego.

TOINETTE, à Angélique.

Vous avez beau raisonner. Monsieur est frais émoulu ducollège, et il vous donnera toujours votre reste. Pourquoi1ant résister, et refuser la gloire d’être attachée au corps dela Faculté?

HÉLINE.

Elle a peut-être quelque inclination en tête.

ANGÉLIQUE.

Si j’en avais, Madame, elle serait telle que la raison etl’honnêteté pourraient me la permettre.

ARGAN.

Ouais, je joue ici un plaisant personnage !

nÉLINE.

Si jetais que de vous, mon (ils, je ne la forcerais point àse marier, et je sais bien ce que je ferais.

ANGÉLIQUE.

Je sais, Madame, ce que vous voulez dire, et les bontésque vous avez pour moi; mais peut-être que vos conseils neseront pas assez heureux pour être exécutés.

BÉLINE.

C’est que les filles bien sages et bien honnêtes, commevous, se moquentd'être obéissantes et soumises aux volontésde leurs pères. Cela était bon autrefois.

ANGÉLIQUE.

Le devoir d'une fille a des bornes, Madame; et la raisonet les lois ne l'étendent point à toutes sortes de choses.

BÉLINE.

C'est-à-dire que vos pensées ne sont que pour le mariage ;mais vous voulez choisir un époux de votre fantaisie.

ANGÉLIQUE.

Si mon père ne veut pas me donner un mari qui me plaise,je le conjurerai, au moins, de ne me point forcer à en épou-ser un que je ne puisse pas aimer.

ARGAN.

Messieurs, je vous demande pardon de tout ceci.

ANGÉLIQUE.

Chacun a son but en se mariant. Pour moi, qui ne veuxun mari que pour l'aimer véritablement, et qui prétends en