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DISCOURS SLR LU
qu'il faut toujours peindre telles que nous les ytrouvons. C'est ee que veut dire Horace par cevers :
Sil Medea ferox iuvictuque.
Qui peindrait Ulysse en grand guerrier, ou Achilleen grand discoureur, ou Médée en fennne fort sou-mise , s’exposerait à la risée publique. Ainsi cesdeux qualités, dont quelques interprètes ont beau-coup de peine à trouver la différence qu’Aristoteveut qui soit entre elles, sans la désigner, s’accor-deront aisément, pourvu qu'on les sépare, et qu’ondonne celle de convenables aux personnes imagi-nées , qui n’ont jamais eu d’ètre que dans l’espritdu poète, en réservant Vautre pour celles qui sontconnues par l’histoire ou par la fable,le viens de dire.
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Il reste à parler de Végalité , qui nous oblige àconserver jusqu’à la fin à nos personnages lesmœurs que nous leur avons données au commen-cement :
Servelur ad imum
QtwHs ab începto processerit , et sibi cousu*!.
L’inégalité y peut toutefois entrer sans défaut,non-seulement quand nous introduisons des per-sonnes d'un esprit léger et inégal, mais encorelorsqu’en conservant l’égalité au dedans, nous don-nons l’inégalité au dehors, selon l’occasion, Telleest celle de, Chimène, du côté de l’amour-, elleaime toujours fortement ltodrigue dans son cœur,niais cet amour agit autrement en la présence duroi, autrement en celle de l'infante, et autrementen celle de Rodrigue ; et c’est ee qu’Aristote appelledes mœurs inégalement égales.
11 se présente une difficulté à éclaircir sur cettemanière, touchant ce qu’entend Aristote, lorsqu’il
dit « que la tragédie se peut faire sans mœurs ’
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que la plupart de celles des modernes de son“ temps n’en ont point. » Le sens de ee passageest assez malaisé à concevoir, vu que, selon lui-même , c’est par les mœurs qu'un homme est mé-chant ou homme de bien, spirituel ou stupide, U-
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mide ou hardiva >s politmette aue
, constant ou irrésolu, bon ou mau-vais politique, et qu’il est impossible qu’on en
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Peut-être qu’Aristote entendait, par des tragédies sansmœurs, des pièces rondées uniquement sur des aventuresfunestes qui peuvent arriver à ions les personnages, soitqu’ils aient des passions ou qu’ils n’eu aient pas, soient qu’ilsaient un caractère frappant ou non. Le malheur d’OEdipc,par exempte, peut arriver à tout homme, indépendammentde sou caractère et de ses mœurs. Qu’uneappris la mort de son mari, tué sur le
lui dresser un -.
soit bon ou me-une de ces autres qua-
princesse, avant
. - -- ....... mu nui i, tue sur le rivage de la mer, aille
i dresser un tombeau, et qu’elle voie le corps de son filsétendu mort sur le même rivage, cela est déplorable et tra-gique, mais n’a aucun rapport i la conduite et aux mœursde cette princesse. Au contraire, les destinées d’Ètniiie, deboxane, de Phèdre, d’ilermione, dépendent de leurs mœurs.Aussi les pièces de caractère sont bien supérieures à cellesfini ne représentent que des aventures fatales. (V.)
LOUAI U DRAMATIQUE.
lités. Tour accorder ces deux sentiments qui sem-blent opposés l’un à l’autre, j’ai remarqué que cephilosophe dit ensuite que « si un poète a fait de« belles narrations morales et des discours bien« sentencieux, il n’a fait encore rien par là qui« concerne la tragédie. » Cela m’a fait considérerque. les mœurs ne sont pas seulement le principedes actions, mais aussi du raisonnement. Unhomme de bien agit et raisonne en homme de bien,un méchant agit et raisonne en méchant, et l’unet l’autre étalent de diverses maximes de moralesuivant cette diverse habitude. C’est donc de cesmaximes, que eette habitude produit, que la tra-gédie peut se passer, et non pas de l’habitudemême, puisqu’elle est le principe des actions, etque les actions sont l'àme de la tragédie, où l’onne doit parler qu’en agissant et pour agir. Ainsi,pour expliquer ce passage d’Aristote par l’autre ,nous pouvons dire que, quand il parle d’uue tra-gédie sans mœurs , il entend une tragédie où lesacteurs énoncent simplement leurs sentiments, oune les appuient, que sur des raisonnements tirésdu fait, connue Cléopâtre, dans le second acte de/{odogune, et non pas sur des maximes de moraleou de politique , comme liodogune , dans son pre-mier acte. Car je le répète encore, faire un poèmede théâtre où aucun des acteurs ne soit ni bon niméchant, prudent ni imprudent, cela est absolu-ment impossible.
Après les mœurs viennent les sentiments, par oùl’acteur fait connaître ce qu’il veut ou ne veut pas,en quoi il peut se contenter d’un simple témoignagede ce qu’il se propose de faire, sans le fortifier deraisonnements moraux, comme je le viens de dire.Cette partie a besoin de la rhétorique pour peindreles passions et les troubles de l’esprit, pour con-sulter, délibérer, exagérer ou exténuer-, mais il ya cette différence pour ce regard entre le poète dra-matique et l'orateur, que celui-ci peut étaler sonart, et le rendre remarquable avec pleine liberté,et que l’autre doit le cacher avec soin, parce quece n’est jamais lui qui parle, et que ceux qu’il faitparler ne sont pas des orateurs.
La diction dépend de la grammaire. Aristote luiattribue les figures, que nous ne laissons pas d’ap-peler communément ligures de rhétorique. Je n’airien à dire là-dessus , sinon que le langage doitêtre net, les ligures placées à propos et diversi-fiées, et la versification aisée et élevée au-dessusde la prose, mais non pas jusqu’à l’enflure dupoème épique, puisque ceux que le poète fait par-ler ne sont pas des poètes.
Le retranchement que nous avons fait des chœursa retranché la musique de nos poèmes. Une chan-son y a quelquefois ho une grâce, et dans les piècesde machines cet ornement est devenu nécessairepour remplir les oreilles de l’auditeur pendant queles machines descendent.
La décoration du théâtre a besoin de trois arts