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LE MENTEUR, ACTE ITT, SCÈNE IT.
SCÈNE VIII.
Mo
DORANTE, LYCAS.
LYCAS, lui présentant un billet.
'nsieur.
DORANTE.
Autre billet.
(U continue, après avoir lu tout bas le billet.)
J’ignore quelle offense
Pe ut d’Alcippe avec moi rompre l’intelligence;^is n’importe, dis-lui que j’irai volontiers.
’* e te suis.
( Lycas rentre, et Dorante continue seul.)
Je revins hier au soir de Poitiers,^aujourd’hui seulement je produis mon visage,^ j’ai déjà querelle, amour et mariage.
°ur un commencement ce n’est point mal trouvé,'anne encore un procès, et je suis achevé,charge qui voudra d’affaires plus pressantes,
Us en nombre à la fois et plus embarrassantes ,’ ,e Pardonne à qui mieux s’en pourra démêler,tais allons voir celui qui m’ose quereller.
ACTE TROISIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
Mon affaire est d’accord, et la chose vaut faite;Mais pour quelques raisons nous la tenons secrète.Cependant à l’objet qui me tient sous sa loi,
Et qui sans me trahir ne peut être qu’à moi,
Vous avez donné bal, collation, musique;
Et vous n’ignorez pas combien cela me pique,Puisque, pour me jouer un si sensible tour,
Vous m’avez à dessein caché votre retour,
Et n’avez aujourd'hui quitté votre embuscadeQu’afin de m’en conter l’histoire par bravade.
Ce procédé m’étonne, et j’ai lieu de penserQue vous n’avez rien fait qu’afin de m’offenser.
DORANTE.
Si vous pouviez encor douter de mon courage,
Je ne vous guérirais ni d’erreur ni d’ombrage,
Et nous nous reverrions, si nous étions rivaux ;Mais comme vous savez tous deux ce que je vaux,Écoutez en deux mots l’histoire démêlée :
Celle que cette nuit sur l’eau j’ai régaléeN’a pu vous donner lieu de devenir jaloux,
Car elle est mariée, et ne peut être à vous ;Depuis peu pour affaire elle est ici venue,
Et je ne pense pas qu’elle vous soit connue.
ALCIPPE.
Je suis ravi, Dorante, en cette occasion,
De voir si tôt finir notre division.
DORANTE.
Alcippe, une autre fois donnez moins de croyanceAux premiers mouvements de votre défiance ;Jusqu’à mieux savoir tout sachez vous retenir,
Et ne commencez plus par où l’on doit finir.Adieu; je suis à vous.
DORANTE, ALCIPPE, PHILISTE.
~ _ PHILISTE.
,, Ul i vous faisiez tous deux en hommes découragé,j n aviez l’un ni l’autre aucun désavantage.e fends grâces au ciel de ce qu’il a permis|j lle je sois survenu pour vous refaire amis,
'fie, i a chose égale, ainsi je vous sépare :
011 lieur en est extrême, et l’aventure rare.
J, DORANTE.
’ av enture est encor bien plus rare pour moi,jjj'î toi faisais raison sans avoir su de quoi.q a,s > Alcippe, à présent tirez-moi hors de peine.^ le * sujet aviez-vous de colère ou de haine ?
Mque mauvais rapport m’aurait-il pu noircir?,te «, que devant lui je vous puisse éclaircir.
V
«Us le
ALCIPPE.
savez assez.
DORANTE.
jj . Plus je me considère,
0|,ls je découvre en moi ce qui vous peut déplaire.
Joj , . ALCIPPE.
“ eu ! puisqu’il vous faut parler plus clairement,pUls plus de deux ans j’aime secrètement;
SCÈNE II.
ALCIPPE, PHILISTE.
PHILISTE.
Ce cœur encor soupire ?
ALCIPPE.
Hélas ! je sors d’un mal pour tomber dans un pire.Cette collation, qui l’aura pu donner?
A qui puis-je m’en prendre? et que m’imaginer?
PHILISTE.
Que l’ardeur de Clarice est égale à vos flammes.Cette galanterie était pour d’autres dames.L’erreur de votre page a causé votre ennui ; ‘
S’étant trompé lui-même, il vous trompe après lui.J’ai tout su de lui-même et des gens de Lucrèce.
Il avait vu chez elle entrer votre maîtresse,Mais il n’avait pas su qu’IIippolyte et Daphné,
Ce jour-là par hasard, chez elle avaient dîné.
Il les en voit sortir, mais à coiffe abattue,
Et sans les approcher il suit de rue en rue ;
Aux couleurs, au carrosse, il ne doute de rien :Tout était à Lucrèce, et le dupe si bien,