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LE MENTEUR, ACTE III, SCÈNE Y.
s’est osé promettre un traitement plus doux" an s la condition qu’il veut prendre pour vous.
CLARICE.
*'- n matière de fourbe il est maître, il y pipe;^près m’avoir dupée, il dupe encore Alcippe.
malheureux jaloux s’est blessé le cerveauü’mi festin qu’hier au soir il m’a donné sur l’eau.Juge
un peu si la pièce a la moindre apparence !^ c *ppe cependant m’accuse d’inconstance,
^J e fait une querelle où je ne comprends rien.^ a b dit-il, toute nuit souffert son entretien;me p ar | e (j e hal, de danse, de musique,
'une collation superbe et magnifique,
‘ er 'ie à tant de plats, tant de fois redoublés,
Q u « j’en ai la cervelle et les esprits troublés.
Rei
ISABELLE.
c minaissez par là que Dorante vous aime,
'*■ que dans son amour son adresse est extrême:uura su qu’Alcippe était bien avec vous,
^ pour l’en éloigner il l’a rendu jaloux.
‘•uudain à cet effort il en a joint un autre :a fait que son père est venu voir le vôtre.
11 amant peut-il mieux agir en un moment^ l| e de gagner un père et brouiller l’autre amant?j 0,r e père l’agrée, et le sien vous souhaite;v °us aime, il vous plaît, c’est une affaire faite.
, CLAIUCE.
‘ e est faite, de vrai, ce qu’elle se fera.
Quoi !J’ u vas
ISABELLE.
* ! votre cœur se change, et désobéira ?
CLABICE.
y vas sortir de garde, et perdre tes mesures.Implique, si tu peux, encor ses impostures :l ^tait marié sans que l’on en sût rien ;p s ° n père a repris sa parole du mien,
° rt triste de visage et fort confus dans l’âme.
Al,,. ISABELLE.
ç, 'J e dis à mon tour: Qu’il est fourbe, madame !Q^ st bien aimer la fourbe, et l’avoir bien en main,e prendre plaisir à foui ber sans dessein.
> Pour moi, plus j’y songe, et moins je puisQ üel . [comprendre
. truit auprès de vous il en ose prétendre,i’ist < ' U al ' e a- v ous donc faire? et pourquoi lui par-Ce à dessein d’en rire, ou de le quereller? [1er?
J e CLABICE.
e »drai du plaisir du moins à le confondre.
J’p,, ISABELLE.
Prendrais davantage à le laisser morfondre.
Je ,, CLAIUCE.
M a j s U , X S’entretenir par curiosité.
Ut s -' ^"'revois quelqu’un dans cette obscurité,Ui)t r ° eta *t *ui-même, il pourrait me connaître :Puj s s ‘Senc chez Lucrèce, allons à sa fenêtre,Mon : ® c est sous son nom que je dois lui parler.otlx > après tout, sera mon pis-aller.
Si sa mauvaise humeur déjà n’est apaisée,
Sachant ce que je sais, la chose est fort aisée.
SCÈNE IV.
DORANTE, CI.ITON.
DORANTE,
Voici l’heure et le lieu que marque le billet.
CLITON.
J’ai su tout ce détail d’un ancien valet.
Son père est de la robe, et n’a qu’elle de tille ,
Je vous ai dit son bien, son âge, et sa famille.
Niais, monsieur, ce serait pour me bien divertir,Si comme vous Lucrèce excellait à mentir.
Le divertissement serait rare, ou je meure;
Et je voudrais qu’elle eût ce talent pour une heure ;Qu’elle pût un moment vous piper en votre art,Rendre conte pour conte, et martre pour renard :D’un et d’autre côté j’en entendrais de bonnes.DORANTE.
Le ciel fait cette grâce à fort peu de personnes :
Il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins,
Ne se brouiller jamais, et rougir encor moins.Mais la fenêtre s’ouvre, approchons.
SCÈNE V.
CLARICE, LUCRÈCE,ISABELLE,à la fenêtre;DORANTE, CLITON, en bas.
CLARICE, à Isabelle.
Isabelle,
Durant notre entretien demeure en sentinelle.
ISABELLE.
Lorsque votre vieillard sera prêt à sortir,
Je ne manquerai pas de vous en avertir.
( Isabelle descend de la fenêtre et ne se montre plus.)LUCRECE, à Clarice*
Il conte assez au long ton histoire à mon père.Mais parle sous mon nom, c’est à moi de me taire.
CLARICE.
Êtes-vous là, Dorante ?
DORANTE.
Oui, madame, c’est moi,Qui veux vivre et mourir sous votre seule loi.
LUCRECE, A Clarice*
Sa fleurette pour toi prend encor même style.
CLARICE, à Lucrèce.
Il devrait s’épargner cette gêne inutile.
Mais m’aurait-il déjà reconnue à la voix?
CLITON, à Dorante.
C’est elle; et je me rends, monsieur, à cette fois.
DORANTE, à Clarice.
Oui, c’est moi qui voudrais ettacer de ma vieLes jours que j’ai vécu sans vous avoir servie.