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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LE MENTEUR, ACTE V, SCÈNE IL 179

LUCRÈCE.

Sabine lui dira que je l’ai déchiré.

CLAE1CE.

Nul avantage ainsi n’en peut être tiré.

■Tu n’es que curieuse.

LUCKÈCE.

Ajoute à ton exemple.

CLARICE.

Soit. Mais il est saison que nous allions au temple.

LUCRÈCE, à Clarice.

Niions.

(à Sabine.)

Si tu le vois, agis comme tu sais.

SABINE.

Ce n’est pas sur ce coup que je fais mes essais :

connais à tous deux où tient la maladie ;

El le mal sera grand si je n’y remédie.

^Uais sachez qu’il est homme à prendre sur le vert.

LUCRÈCE.

Je te croirai.

SABINE.

Mettons cette pluie à couvert.

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

GÉRONTE, PHILISTE.

GERONTE.

n e pouvais avoir rencontre plus heureuser ° Ur satisfaire ici mon humeur curieuse.

V

ït vu

° Us avez feuilleté le Digeste à Poitiers,

, comme mon fils, les gens de ces quartiers :'"si vous me pouvez facilement apprendrevUelle est et la famille et le bien de Pyrandre.

Quel,

PHILISTE.

Êst-il, ce Pyrandre ?

GÉRONTE.

v Un de leurs citoyens :

ü ' e > à ce qu’on m’a dit, mais un peu mal en biens.

Jj , PHILISTE.

q u . est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhommel > s *je m’en souviens, de la sorte se nomme.GÉRONTE.

' «us le,

f ' .-..uuii.tvu IIIIVU.V ^VUl’LUt U I aUUG

yrandre s’appelle autrement Armédon.

. PHILISTE.

SSl Peu l’un que l’autre.

GÉRONTE.

Et le père d’Orphise,

1 fure beauté qu’en ces lieux même on prise ?

Ce n IC Conn aîtrez mieux peut-être à l’autre nom ;

C «Ue,

Vous connaissez le nom de cet objet charmantQui fait de ces cantons le plus digne ornement ?

PHILISTE.

Croyez que cette Orpliise, Armédon, et Pyrandre,Sont gens dont à Poitiers on ne peut rien apprendre.S’il vous faut sur ce point encor quelque garant...

GÉRONTE.

En faveur de mon fils vous faites l’ignorant ;

Mais je ne sais que trop qu’il aime cette Orphise,Et qu’après les douceurs d’une longue hantise,

On l’a seul dans sa chambre avec elle trouvé ;Que par son pistolet un désordre arrivéL’a forcé sur-le-champ d’épouser cette belle.

Je sais tout ; et de plus, ma bonté paternelleM’a fait y consentir; et votre esprit discretN’a plus d’occasion de m’en faire un secret.

PHILISTE.

Quoi ! Dorante a donc fait un secret mariage ?GÉRONTE.

Et, comme je suis bon, je pardonne à son âge.

PHILISTE.

Qui vous l’a dit?

GÉRONTE.

Lui-même.

PHILISTE.

Ah ! puisqu’il vous l’a dit,II vous fera du reste un fidèle récit ;

Il en sait mieux que moi toutes les circonstances :Non qu’il vous faille en prendre aucunes défiances ;Mais il a le talent de bien imaginer,

Et moi, je n’eus jamais celui de deviner.

GÉRONTE.

Vous me feriez par là soupçonner son histoire.

PHILISTE.

Non, sa parole est siîre, et vous pouvez l’en croire;Mais il nous servit hier d’une collationQui partait d’un esprit de grande invention;

Et, si ce mariage est de même méthode,

La pièce est fort complète, et des plus à la mode.GÉRONTE.

Prenez-vous du plaisir à me mettre en courroux ?

PHILISTE.

Ma foi, vous en tenez aussi bien comme nous ;Et, pour vous en parler avec toute franchise,

Si vous n’avez jamais pour bru que cette Orphise,Vos chers collatéraux s’en trouveront fort bien.Vous m’entendez ; adieu : je ne vous dis plus rien.

SCÈNE II.

GÉRONTE.

O vieillesse facile ! ô jeunesse impudente !

O de mes cheveux gris honte trop évidente!

Est-il dessous le ciel père plus malheureux ?

Est-il affront plus grand pour un cœur généreux ?