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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LE MENTEUR, ACTE Y, SCÈNE VI.

DORANTE.

Sans lire?

SABINE.

Sans rien lire.

DORANTE.

Et tu l’as enduré ?

SABINE.

Ah ! si vous aviez vu comme elle m’a grondée !Elle me va chasser, l’affaire en est vidée.

DORANTE.

Elle s’apaisera; mais, pour t’en consoler,

Tends la main.

SABINE.

Eh! monsieur!

DOBANTE.

Ose encor lui parler.

Je ne perds pas si tôt toutes mes espérances.

CLITON.

Voyez la bonne pièce avec ses révérences !

Comme ses déplaisirs sont déjà consolés,

Elle vous en dira plus que vous n’en voulez.

DORANTE.

Elle a donc déchiré mon billet sans le lire ?SABINE.

Elle m’avait donné charge de vous le dire ;

Mais, à parler sans fard...

CEITON.

Sait-elle son métier!

SABINE.

Elle n’en a rien fait, et l’a lu tout entier.

Je ne puis si longtemps abuser un brave homme.

CLITON.

Si quelqu’un l’entend mieux, je l’irai dire à Rome.DORANTE.

Elle ne me hait pas, à ce compte?

SABINE.

Elle ? non.

DORANTE.

M’aime-t-elle ?

SABINE.

Non plus.

DORANTE.

Tout de bon?

SABINE.

Tout de bon.

DORANTE.

Aime-t-elle quelque autre ?

SABINE.

Encor moins.

DORANTE.

Qu’obtiendrai-je ?

SABINE.

Je ne sais.

DORANTE.

Mais enfin, dis-moi.

SABINE.

Que vous dirai-je?

Vérité.

Je la dis.

DORANTE.

SABINE.

Peut-être.

DORANTE.

Mais elle m’aimera?SABINE.

DORANTE.

Et quand encor ?

SABINE.

Quand elle vous croira.

DORANTE.

Quand elle me croira ? Que ma joie est extrême !

SABINE.

Quand elle vous croira, dites qu’elle vous aime.

DORANTE.

Je le dis déjà donc, et m’en ose vanter,

Puisque ce cher objet n’en saurait plus douter :Mon père...

SABINE.

La voici qui vient avec Clarice.

SCÈNE YI.

CLARICE, LUCRÈCE, DORANTE, SABlNlLCLITON.

CLARICE, bas, à Lucrèce.

11 peut te dire vrai, mais ce n’est, pas son vice.Comme tu le connais, ne précipite rien.

DOBANTE, à Clarice,

Beauté qui pouvez seule et mon mal et mon Die»---CL41UCE, bas, h Lucrèce.

On dirait qu’il m’en veut., et c’est moi qu’il regard 6 '

LUCRÈCE , bas, à Clarice.

Quelques regards sur toi sont tombés par mégard®'Voyons s’il continue.

DOBANTE, à Clarice.

Ali ! que loin de vos yeux (Les moments à mon cœur deviennent ennuyeux •Et que je reconnais par mon expérience ,

Quel supplice aux amants est une heure d’absenee ■

CLABICE , bas, à Lucrèce.

Il continue encor.

LUCRÈCE, bas,à Clarice.

Mais vois ce qu’il m’écrit.

CLARICE, bas, à Lucrèce.

Mais écoute.

LUCRÈCE , bas, à Clarice.

Tu prends pour toi ce qu’il me dit-

CLARICE.

(Bas, à Lucrèce.) (Ilaul, à DoranU-l^p

Eclaircissons-nous-en. Vous m'aimez donc,D° r ‘

DORANTE, bas, à Clarice.

Ilélas ! que cette amour vous est indifférente •