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LA SUITE DU MENTEUR, ACTE 11, SCÈNE IV.
Que si tous leurs efforts ne peuvent le tirer,Pour m’acquitter vers lui j’irai me déclarer.Adieu. De ton côté prends souci de me plaire,Et vois ce que tu dois à qui te sauve un frère
MÉLISSE.
Je vous obéirai très-ponctuellement.
LYSE.
Il vient de vous donner de belles tablatures.MÉLISSE.
Viens quérir mon portrait avec des confitures :Comme pourra Dorante en user bien ou mal,Nous résoudrons après touchant l’original. '
SCENE III.
SCÈNE IV.
mClisse, lyse.
LYSE.
Vous pouviez dire encor très-volontairementEt la faveur du ciel vous a bien conservée,
Si ces derniers discours ne vous ont achevée.
Le parti de Philiste a de quoi s’appuyer;
Je n’en suis plus, madame ; il n’est bon qu’à noyer ;Il ne valut jamais un cheveu de Dorante.
Je puis vers la prison apprendre une courante?
MÉLISSE.
Oui, tu peux te résoudre encore à te crotter.
LYSE.
Quels de vos diamants me faut-il lui porter ?MÉLISSE.
Mon frère va trop vite; et sa chaleur l’emporteJusqu’à connaître mal des gens de cette sorte.Aussi, connue son but. est différent du mien,
Je dois prendre un chemin fort éloigné du sien.
Il est reconnaissant, et je suis amoureuse;
Il a peur d’être ingrat, et je veux être heureuse.
A force de présents il se croit acquitter ;
Mais le redoublement ne fait que rebuter.
Si le premier oblige un homme de mérite,
Le second l’importune, et le reste l’irrite,
Et, passé le besoin, quoi qu’on lui puisse offrir,C’est un accablement qu’il ne saurait souffrir.
L’amour est libéral, mais c’est avec adresse :
Le prix de ses présents est en leur gentillesse;
Et celui qu’à Dorante exprès tu vas porter,
Je veux qu’il le dérobe au lieu de l’accepter.Ecoute une pratique assez ingénieuse.
LYSE.
Elle doit être belle, et fort mystérieuse.
MELISSE.
Au lieu des diamants dont tu viens de parler,Avec quelques douceurs il faut le régaler,
Entrer sous ce prétexte, et trouver quelque voiePar où, sans que j’y sois, tu fasses qu’il me voie :Porte-lui mon portrait, et comme sans desseinEais qu’il puisse aisément le surprendre en ton sein ;Peins lors pour le ravoir un déplaisir extrême :
S'il le rend, c’en est fait; s’il le retient, il m’aime.
LYSE.
A vous dire le vrai, vous en savez beaucoup.
mélisse. [coup.
I, 'amour est un grand maître, il instruit tout d’un
PHILISTE, DORANTE, CLITON,
dans la prison.
DOUANTE.
Voilà, mon cher ami, la véritable histoireD’une aventure étrange et difficile à croire ;
Mais puisque je vous vois, mon sort est assez do> ,v
PHILISTE.
L’aventure est étrange, et bien digne de vous;Et, si je n’en voyais la fin trop véritable,
J’aurais bien de la peine à la trouver croyable :Vous me seriez suspect, si vous étiez ailleurs.
CLITON.
Ayez pour lui, monsieur, des sentiments meille lllS 'II s’est bien converti dans un si long voyage;C’est tout un autre esprit sous le même visage,Et tout ce qu'il débite est pure vérité,
S’il ne ment quelquefois par générosité.
C’est le même qui prit Clariee pour Lucrèce,
Qui lit. jaloux Alcippe avec sa noble adresse;
Plt, malgré tout cela, le même toutefois,
Depuis qu’il est ici n’a menti qu’une fois.
PHILISTE.
Pin voudrais-tu jurer ?
CLITON.
Oui, monsieur, et j’en J 1 'Par le dieu des menteurs, dont il est créatur 6 ’
7 u-pfll 1 ’
Et, s’il vous faut encore un serment plus nom
Par l’hymen de Poitiers et le festin sur l’eau-
PHILISTE.
naissant là ce badin, ami, je vous confesse)u’il me souvient toujours de vos traits dejeun eSlent fois en cette ville aux meilleures maiso' lS’en ai fait un bon conte en déguisant les noi )lS ’’en ai ri de bon cœur, et j’en ai bien fait rl,e ’it quoi que maintenant je vous entende dire,la mémoire toujours me les vient présenter,it m’en fait un rapport qui m’invite à douter-non an te.
'orniez en ma faveur de plus saines pensees,les petites humeurs sont aussitôt passées;
.'t l’air du monde change en bonnes qualitésles teintures qu’on prend aux universités.PHILISTE.
»ès lors, à cela près, vous étiez en estime _l’avoir une finie noble, et grande, et inag n ‘ ul