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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LA SUITE DU MENTEUR, ACTE IV, SCÈNE IL

MELISSE.

Q Ue l bruit et quel éclat n’eiit point fait son courroux !

LYSE.

^ eût été peut-être aussi honteux que vous.

Un homme un peu content et qui s’en fait accroire,

Se

Et.

'ovant méprisé, rabat bien de sa gloire,surpris qu’il en est en telle occasion,

^°ute sa vanité tourne en confusion.

Quand il a de l’esprit, il sait rendre le change ;C'in de s’en émouvoir, en raillant il se venge,Affecte des mépris, comme pour reprocherQue la perte qu’il fait ne vaut pas s’en fâcher;^nt qu’il peut, il témoigne une âme indifférente.Quoi qu’il en soit enfin, vous avez vu Dorante,kt fort adroitement je vous ai mise enjeu.

MÉLISSE.

^ fort adroitement tu m’as fait voir son feu.

LYSE.

u bien ! mais que vous semble encor du person-°us en ai-je trop dit? [nage ?

M E LISSE.

J’en ai vu davantage.

LYSE.

' Ve z-vous du regret d’avoir trop hasardé ?

T MÉLISSE.

' e u’ai qu’un déplaisir, d’avoir si peu tardé.

LYSE.

°us l'aimez?

MÉLISSE.

Je l’adore.

LYSE.

Et croyez qu’il vous aime?

MÉLISSE.

ui’aime, et d’une amour, comme la mienne,lyse. [extrême.

y Ile Première vue, un moment d’entretien,

<Uls luit ainsi tout croire, et ne douter de rien !q h mélisse. [l’autre,

j^ a ud les ordres du ciel nous ont fait l’un pourl'a ’ C est 1111 ace01 'd bientôt fait que le nôtre :Sèin' a ' U Pntre ' <>S < ’ œurs > l ,ar un set 'ret pouvoir,

Il e * * nt elligenee avant que de se voir ;

()u e ®P ar « si bien l'amant et la maîtresse,

ei *r ânie au seul nom s’émeut et s’intéresse.°ut eSt * nie ’ 011 se rfierche, on s’aime en un mo-p, Ce qu’on s’entredit persuade aisément; [ment;I, a f'- S s * f K[uiéler d'aucunes peurs frivoles,

Ua I * S!îln * l ' ( ‘ courir au-devant des paroles;I.^ue en peu de mots en explique beaucoup;■ p,lx i plus éloquents, font tout voir tout d’un

Qu'il

Un

On

T

Et,a e . [coup;

Ueece,- ^ u ' a Aenvitous les deux nous instruisent,

l >ren

Si

entend plus que tous les deux n'en disent.

comme dit Sylvandre, une Ame en se formant,Pendant du ciel, prend d’une autre l’aimant,

LYSE.

La sienne a pris le vôtre, et vous a rencontrée.

MÉLISSE.

Quoi ! tu lis les romans ?

LYSE.

Je puis bien lire Aslrée;Je suis de son village, et j’ai de bons garantsQu’elle et son Céladon étaient de mes parents.

MÉLISSE.

Quelle preuve en as-tu?

LYSE.

Ce vieux saule, madame,Où chacun d’eux cachait ses lettres et sa flamme,Quand le jaloux Sémire en fit un faux témoin.

Du pré de mon grand-père il fait encor le coin ;

Et l’on m’a dit que c’est un infaillible signeQue d’un si rare hymen je viens en droite ligne.Vous ne m’en croyez pas?

MÉLISSE.

De vrai, c’est un grand point,

LYSE.

Aurais-je tant d’esprit, si cela n’était point?

D’où viendrait cette adresse à faire vos messages,A jouer avec vous de si bons personnages,

Ce trésor de lumière et de vivacité,

Que d’un sang amoureux que j’ai d’eux hérité ?

MÉLISSE.

Tu le disais tantôt, chacun a sa folie;

Les uns l’ont importune, et la tienne est jolie.

SCENE IL

CEÉVNDRE, MÉLISSE, LYSE.

CLÉANDRE.

Je viens d'avoir'querelle avec ce prisonnier,

Ma sœur.

MÉLISSE.

Avec Dorante, avec ce cavalierDont vous tenez l’honneur, dont vous tenez la vie?Qu’avez-vous fait !

CLÉ4NDEE.

Un coup doiit tu seras ravie.

MÉLISSE.

Qu’à cette lâcheté je puisse consentir !

CLÉAIYDEE.

Bien plus, tu m’aideras à le faire mentir.

MÉLISSE.

Ne le présumez pas, quelque espoir qui vous flatte;Si vous êtes ingrat, je ne puis être ingrate.

CLÉANDHE.

Tu semblés t’en fâcher !

mélisse.

Je m’en fâche pour vous.

D’un mot il peut vous perdre, et je crains son cour-CLÉANDRE. [roux.

Il est trop généreux, et d’ailleurs la querelle,