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LA Sl'ITE J)U MENT Eli K,
Hans les termes qu’elle est, n’est pas si criminelle.Écoute. Nous parlions des dames de Lyon ;
Elles sont assez mal en son opinion:
Il confesse de vrai qu’il a peu vu la ville,
Niais il se l’imagine en beautés fort stérile,
Et ne peut se résoudre à croire qu’en ces lieuxLa plus belle ait de quoi captiver de bons yeux.
Pour l'honneur du pays j’en nomme trois ou quatre;Mais, à moins que de voir, il n’en veut rien rabattre;
Et comme il ne le peut étant dans la prison,
J’ai cru par un portrait le mettre à la raison;
Et, sans chercher plus loin ces beautés qu’on admire,
Je ne veux que le tien pour le faire dédire.
Me le dénieras-tu, ma sœur, pour un moment?
MÉLISSE.
Vous me jouez, mon frère, assez accortement;
I.a querelle est adroite et bien imaginée.
CLÉANDRE.
iVon, je m’en suis vanté, ma parole est donnée.
MÉI.ISSE.
S’il faut ruser ici, j’en sais autant que vous,
Et vous serez bien fin si je ne romps vos coups.
Vous pensez me surprendre, et je n’en fais que rire;
Dites donc tout d’un coup ce que vous voulez dire.
CLÉANDRE.
Eli bien ! je viens de voir ton portrait en ses mains.
MÉLISSE.
Et c’est ce qui vous filche ?
CLÉANDRE.
Et c’est dont je me plains.
MÉLISSE.
J'ai cru vous obliger, et l’ai fait pour vous plaire :
Votre ordre était exprès.
CLÉANDRE.
Quoi? je te l’ai fait faire ?
MÉLISSE.
Ne m’avez-vous pas dit : « Sous ces déguisements« Ajoute à ton argent perles et diamants? »
Ce sont vos propres mots, et vous en êtes cause.
CI.ÉANDRE.
Eh quoi ! de ce portrait disent-ils quelque chose ?
MÉLISSE.
Puisqu’il est enrichi de quatre diamants,
N’est-ce pas obéir à vos commandements?
CLÉANDRE.
C’est fort bien expliquer le sens de mes prières.
Mais, ma sœur, ces faveurs sont un peu singulières.
Qui donne le portrait promet l’original.
MÉLISSE.
C’est encore votre ordre, ou je m’y connais mal.Nem’avez-vouspasdit : « Prends souci de me plaire,
« Et vois ce que tu dois à qui te sauve un frère?Puisque vous lui devez et la vie et l’honneur,
Pour vous en revancher dois-je moins que mon cœur?
Et doutez-vous encore à quel point je vous aime,Quand pour vous acquitter je me donne moi-même?
ACTE IV, SCÈNE 111.
CLÉANDRE.
Certes, pour m’obéir avec plus de chaleur,
Vous donnez à mon ordre une étrange couleur,Et prenez un grand soin de bien payer mes dettes •Non que mes volontés en soient mal satisfaites;Loin d’éteindre ce feu, je voudrais l’allumer,
Qu’il eut de quoi vous plaire, et voulut vous aimer-Je tiendrais à bonheur de l’avoir pour beau-frère;J’en cherche les moyens, j’y fais ce qu’on peut faire;Et c’est à ce dessein qu’au sortir de prisonJe viens de l’obliger à prendre la maison,
Afin que l’entretien produise quelques flammesQui forment doucement l’union de vos Ames.
Mais vous savez trouver des chemins plus aisés ;Sans savoir s’il vous plaît, ni si vous lui plaisez,Vous pensez l’engager en lui donnant ces gages,Et lui donnez sur vous de trop grands avantage-*-Que sera-ce, ma sœur, si, quand vous le verrez,Vous n’y rencontrez pas ce que vous espérez,
Si quelque aversion vous prend pour son visage,Si le vôtre le choque, ou qu’un autre l’engage,
Et que de ce portrait, donné légèrement,
Il érige un trophée à quelque objet charmant?
MÉLISSE.
Sans l’avoir jamais vu je connais son courage;Qu’importe après cela quel en soit le visage?
Tout le reste m’en plaît; si le cœur en est haut,
Et si l’Ame est parfaite, il n’a point de défaut.Ajoutez que vous-même, après votre aventure,
Ne m’en avez pas fait une laide peinture,
Et, comme vous devez vous y connaître mieux,
Je m’en rapporte à vous, et choisis par vos yen*-N’en doutez nullement, je l’aimerai, mon frère;Et si ces faibles traits n’ont point de quoi lui pin"*’S’il aime en autre lieu, n’en appréhendez rien;Puisqu’il est généreux, il en usera bien.
CLÉANDRE.
Quoi qu’il en soit, ma sœur, soyez plus retenueAlors qu’à tous moments vous serez à sa vue.Votre amour me ravit, je veux le couronner ;
Mais souffrez qu’il se donne avant que vous donne 1Il sortira demain, n’en soyez point en peine.
Adieu : je vais une heure entretenir Climène.
SCÈNE III.
MÉLISSE, LYSE.
LYSE.
Vous en voilà défaite et quitte à bon marche-Encore est-il traitable alors qu’il est fAcbe.
Sa colère a pour vous une douce méthode,
Et sur la remontrance il n’est pas incomnio e-MÉLISSE. . p
Aussi qu’ai-je commis pour en donner sujet-Me ranger à son choix sans savoir son projet,