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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LA SUITE DU MENTEUK, ACTE IV, SCÈNE IV.

deviner sa pensée, obéir par avance,

Sont-ce, Lyse, envers lui des crimes d’importance ?

LYSE.

Obéir par avance est un jeu délicatOont tout autre que lui ferait un mauvais plat,^b'ùs ce nouvel amant dont vous faites votre âmeA y ec un grand secret ménage votre flamme :Oevait-il exposer ce portrait à ses yeux ?le tiens indiscret.

Et

MELISSE.

Il n’est que curieux,

montrerait pas si grande impatience,

S’il

Die considérait avec indifférence ;

Outre qu’un tel secret peut souffrir un ami.

LYSE.

* a is un homme qu’à peine il connaît à demi ?

MÉLISSE.

\ 0,1 frère lui doit tant, qu’il a lieu d’en attendrer °ut ce que d’un ami tout autre peut prétendre.

j, «’“■

a uiour excuse tout dans un cœur enflammé,fout crime est léger dont Fauteur est aimé.

’f St *rais plus sévère, et tiens qu’à juste titre°Us lui pouvez tantôt en faire un bon chapitre.

Ne

MÉLISSE.

fluerellons personne -, et puisque tout va bien," e crainte d’avoir pis, ne nous plaignons de rien.

LYSE.

vU c vous avez de peur que le marché n’échappe !

MÉLISSE.

. ' ec> tant de façons que veux-tu que j’attrape ?Possède son cœur, je ne veux rien de plus,je perdrais le temps en débats superflus,j, ! ‘' ( piefois en amour trop de finesse abuse,fusera-t-il mieux que mon feu ne l’excuse ?0ll s, allons l’attendre; et, sans en murmurer,

' Pensons qu’aux moyens de nous en assurer.

y LYSE.

°Ds ferez-vous connaître?

MÉLISSE.

Oui, s’il sait de mon frèreSi) (fUe i ttS( l u ’à présent j’avais voulu lui taire;p l0ri > quand il viendra prendre son logement,

Se 'erra surpris plus agréablement.

SCÈNE IV.

DOUANTE, PHILISTE, CLITON.

Me DORANTE.

i r Conduire encor ! cette cérémonie" tr e les vrais amis devrait être bannie.

Jn S(I PHILISTE.

Pou UeS . eU Eellecour je vous ai reconduit,r v °>' une maîtresse en faveur de la nuit.

Le temps est assez doux, et je la vois paraîtreEn de semblables nuits souvent à la fenêtre :J’attendrai le hasard un moment en ce lieu,

Et vous laisse aller voir votre lingère. Adieu.

DORANTE.

Que je vous laisse ici, de nuit, sans compagnie !

PHILISTE.

C’est faire à votre tour trop de cérémonie.Peut-être qu’à Paris j’aurais besoin de vous ;

Mais je ne crains ici ni rivaux, ni filous.

DORANTE.

Ami, pour des rivaux, chaque jour en fait naître;Vous en pouvez avoir, et ne les pas connaître :

Ce n’est pas que je veuille entrer dans vos secrets;Mais nous nous tiendrons loin en confidents dis-J’ai du loisir assez. [crets.

PHILISTE.

Si l’heure ne vous presse

Vous saurez mon secret touchant cette maîtresse ;Elle demeure, ami, dans ce grand pavillon.

CLITON, bas

Tout se prépare mal, à cet échantillon.

DORANTE.

Est-ce où je pense voir un linge qui voltige?

PHILISTE.

Justement.

DORANTE.

Elle est belle?

PHILISTE.

Assez.

DORANTE.

Et vous oblige ?

PHILISTE.

Je ne saurais encor, s’il fout tout avouer,

Ni m’en plaindre beaucoup, ni beaucoup m’en louer,Son accueil n’est pour moi ni trop doux, ni trop ru-II est et sans faveur, et sans ingratitude, [de :Et je la vois toujours dedans un certain pointQui ne me chasse pas, et ne l’engage point.

Mais je me trompe fort, ou sa fenêtre s’ouvre.

DORANTE.

Je me trompe moi-même, ou quelqu’un s’y décou-philiste. [vre.

J’avance; approchez-vous, mais sans suivre mesEt prenez un détour qui ne vous montre pas : [pas.Vous jugerez quel fruit je puis espérer d’elle.

Pour Cliton, il peut faire ici la sentinelle.

DORANTE , parlant à Cliton, oprèsqiie PliilislesYs! CloignC.Que me vient-il de dire? et qu’est-ce que je voi ?Cliton, sans doute il aime en même lieu que moi.O ciel ! que mon bonheur est de peu de durée !cliton.

S’il prend l’occasion qui vous est préparée,

Vous pouvez disputer avec votre valetA qui mieux de vous deux gardera le mulet.dorante.

Que de confusion et de. trouble en mon âme!