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RODOGÜNE, ACTE 1, SCÈNE IV.
SÉLEUCUS.
Ah ! destin trop contraire!, antiochus.
v'ie ne ferais-je point contre on autre qu’un frère !
SEl.EUCUS.
'‘'on cher frère ! ô nom pour un rival trop doux !''•"e ne ferais-je point contre un autre que vous !
ANTIOCHUS.
" nous vas-tu réduire, amitié fraternelle?
. SÉl.EUCUS.
"‘our, qui doit ici vaincre de vous ou d’elle?
p ANTIOCHUS.
aniour, l’amour doit vaincre, et la triste amitiée doit être à tous deux qu’un objet de pitié.
11 Stand cœur cède un trône, et le cède avec gloire :
effort de vertu couronne sa mémoire ;ais lorsqu’un digne objet a pu nous enflammer,le cède est un lâche, et ne sait pas aimer.
Ge tous deux Itodogune a charmé le courage ;,,j SS °ns par trop d’amour de lui faire un outrage:' doit épouser, non pas vous, non pas moi,j a,s de moi, mais de vous, quiconque sera roi.C(| uronne entre nous flotte encore incertaine ;ais sans incertitude elle doit être reine,pendant, aveuglés dans notre vain projet,
1( ° Us la faisons tous deux la femme d’un sujet!|,j ,fil 'ons ; l’ambition ne peut être que belle,
^ Pour elle quittée, et reprise pour elle;c Ce tr ône, où tous deux nous osions renoncer,^"oaitons-le tous deux, afin de l’y placer :
dans notre destin le seul conseil à prendre ;° Us Pouvons nous en plaindre, et nous devons l’at-jj.. sÉLEiicus. [tendre,
j. a "t encor plus faire, il faut qu’en ce grand jour°* re amitié triomphe aussi bien que l'amour.
„ ‘ es deux sièges fameux de Thèhes et de Troie,
1 ‘“irent Tune en sang, l’autre aux-flammes enîj, [proie,
q u ent Pour fondements à leurs maux infinis1] e , Ceu x que contre nous le sort a réunis.
s anie entre nous deux toute la jalousiep,"' ^peupla la Grèce et saccagea l’Asie;p '“aine espoir du sceptre est permis à tous deux ;fin ' a lnf5, “ e beauté nous faisons mêmes vœux.’(v )es Périt pour Tun, 'Troie a brillé pour l’autre,fil !' a Gioir en ma main ou tomber en la vôtre,fit a "' votre amitié, tâchait à partager;
° s e tout dire, un titre assez léger,
Y ; , ,0 ‘t d’ainesse obscur, sur la foi d’une mère,Qu ; ( ““l'ler Tun de gloire, et l'autre de misère.\ (|| ,^ e S "jets de plainte en ce double intérêt
Que
de
tt,', ’ lr '“ ( ' ? -en avec moi l’événement funeste,
malheureux contre un si faible arrêt!sources de haine! Hélas! jugez le reste,
‘ «tir
- avec moi faites un digne effort
îtp.,^ ari “er votre cœur contre un si triste sort.ê‘e l’éclat du trône et l’amour d’une femme,
Faisons si bien régner l’amitié sur notre âme,Qu’étouffant dans leur perte un regret suborneur,Dans le bonheur d’un frère on trouve son bonheur.Ainsi ce qui jadis perdit Thèhes et TroieDans nos cœurs mieux unis ne versera que joie :Ainsi notre amitié, triomphante à son tour,Vaincra la jalousie en cédant à l’amour ;
Et de notre destin bravant Tordre barbare,Trouvera des douceurs aux maux qu’il nous prépare.
ANT10CHUS.
I.e pourrez-vous, mon frère?
SÉl.EUCUS.
Ah ! que vous me pressez !Je le voudrai du moins, mon frère, et c’est assez ;Et ma raison sur moi gardera tant d’empire,
Que je désavodrai mon cœur s’il en soupire.
ANTIOCHUS.
J’embrasse comme vous ces nobles sentiments.Mais allons leur donner le secours des serments,Min qu’étant témoins de l’amitié juréeLes dieux contre un tel coup assurent sa durée.
SÉLEUCUS.
Allons, allons l’étreindre au pied de leurs autelsPar des liens sacrés et des nœuds immortels,
SCÈNE IV.
I.AONICE, TIMAGKNE.
I.AONICE.
Peut-on plus dignement mériter la couronne?
TIMACÈNE.
Je ne suis point surpris de ce qui vous étonne;Confident de tous deux, prévoyant leur douleur,J’ai prévu leurconstance, et j’ai plaint leur malheur.Mais, de grâce, achevez l’histoire commencée.
I.AONICE.
Pour la reprendre donc où nous l’avons laissée,Les Partîtes, au combat par les nôtres forcés,Tantôt presque vainqueurs,tantôt presque enfoncés,Sur Tune et l’autre armée également heureuse,Virent longtemps voler la victoire douteuse;
Mais la fortune enfin se tourna contre nous,
Si bien qu’Antiochus, percé de mille coups,
Près de tomber aux mains d’une troupe ennemie,Lui voulut dérober les restes de sa vie,
Et préférant aux fers la gloire de périr,
Lui-même par sa main acheva de mourir.
La reine ayant appris cette triste nouvelle,
En reçut tôt après une autre plus cruelle :
Que Nicanor vivait; que, sur un faux rapport,
De. ce premier époux elle avait cru la mort ;
Que, piqué jusqu’au vif contre son hyménée,
Son âme à l’imiter s’était déterminée,
Et que, pour s’affranchir dés fers de son vainqueur,11 allait épouser la princesse sa sœur,
C’est cette Rodogune, où Tun et l’autre frère