Buch 
Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
Seite
229
JPEG-Download
 

229

' KODOGUNË, ACTE III, SCÈNE IV.

^ ' os premiers regards tous deux ils se rendirent •,Jdais un profond respect nous fit taire et brûler ;^ ce même respect nous force de parler,l’heureux moment approche où votre destinéee 'nble être aucunement à la notre enchaînée,Risque d’un droit d’aînesse incertain parmi nous

ha n/îf- • -

a nôtre attend un sceptre, et la vôtre un époux.

^ est trop d’indignité que notre souveraineDe j- ... ■ -

h,

i c a— — —

e * un de ses captifs tienne le nom de reine ;

°tre amour s’en offense, et, changeant cette loi,^ ei)| et à notre reine à nous choisir un roi.j e v °us abaissez plus à suivre la couronne ;

011 nez-la, sans souffrir qu’avec elle on vous donne;_ e 8lez notre destin qu’ont mal réglé les dieux;otr e seul droit d’aînesse est de plaire à vos yeux :p ar deur qu’allume en nous une flamme si pureref ère votre choix au choix de la nature,

.' v *ent sacrifier à votre élection° ul;e notre espérance et notre ambition,hfononeez donc, madame, et faites un monarque :

céderons sans honte à cette illustre marque ;c dui qui perdra votre divin objet

j L J

e| nenvera du moins votre premier sujet ;^ Qu amour immortel saura toujours lui dire

Sou

Il c e rang près de vous vaut ailleurs un empire;j’"cttra sa gloire, et, dans un tel malheur,leur de vous obéir flattera sa douleur.

u. RODOGUNE.

erm

De

rin ces, je dois beaucoup à cette déférenceht '' 0tre ambition et de votre espérance;

J en recevrais l’offre avec quelque plaisir,^celles de mon rang avaient droit de choisir,p 111 nie sans leur avis les rois disposent d’ellesr affermir leur trône ou finir leurs querelles,l’t p ftst * n ^ es états est arbitre du leur,ç, °rdre des traités règle tout dans leur cœur.-l’a' St ( l ue suit n) * en ’ et 11011 P as la couronne :"' er ai l’un de vous, parce qu’il me l’ordonne ;

U() .uus,

v, ep ret révélé j’en prendrai le

4 nion

pouvoir,

" J " amour pour naître attendra mon devoir.eil dez rien de plus, ou votre attente est vaine.

le

J

choix

e ntr,

■'eut-,

que vous m’offrez appartient à la reine ;

^Prendrais sur elle à l’accepter de vous.

Al.

etre

on vous a tu jusqu’où va son courroux ;

p 0 ^ J e dois par épreuve assez bien le connaîtreQu l’occasion de le faire renaître.j e n en ai-je souffert, et que n’a-t-elle osé!

croire avec vous que tout est apaisé;

Cet t ( r;il S n ez avec moi que ce choix ne ranimep ar ® haine mourante à quelque nouveau crime :Que ? nilez ‘ ni01 ce mot qui viole, un oublilef 3 ! >a ' x C" 1 fe nous doit avoir établi.

semble éteint souvent dort sous la cendre;. ° Se réveiller peut s’en laisser surprendre ;

S, j® 'Mériterais qu’il me pût consumer,

Ul fournissais de quoi se rallumer.

SÉLEUCUS.

Pouvez-vous redouter sa haine renaissante,

S’il est en votre main de la rendre impuissante?Faites un roi, madame, et régnez avec lui;

Son courroux désarmé demeure sans appui,

Et toutes ses fureurs sans effet ralluméesNe pousseront en l’air que de vaines fumées.

Mais a-t-elle intérêt au choix que vous ferez,

Pour en craindre les maux que vous vous figurez?La couronne est à nous; et, sans lui faire injure,Sans manquer de respect aux droits de la nature,Chacun de nous à l’autre en peut céder sa part,

Et rendre à votre choix ce qu’il doit au hasard.Qu’un si faible scrupule en notre faveur cesse :Votre inclination vaut bien un droit d’aînesse,Dont vous seriez traitée avec trop de rigueur,

S’il se trouvait contraire aux vœux de votre cœur.On vous applaudirait quand vous seriez à plaindre;Pour vous faire régner ce serait vous contraindre,Vous donner la couronne en vous tyrannisant,

Et verser du poison sur ce noble présent.

Au nom de ce beau feu qui tous deux nous consume,Princesse, à notre espoir ôtez cette amertume ;

Et permettez que l’heur qui suivra votre épouxSe puisse redoubler à le tenir de vous.

RODOGUNE.

Cebeau feu vous aveugleautant comme il vousbrûle ;Et, tâchant d’avancer, son effort vous recule.

Vous croyez que ce choix que l’un et l’autre attendPourra faire un heureux sans faire un mécontent ;Et moi, quelque vertu que votre cœur prépare,

Je crains d’en faire deux si le mien se déclare ;

Non que de l’un et l'autre il dédaigne les vœux ;

Je tiendrais à bonheur d’être à l’un de vous d’eux ;Maissouffrezque jesuiveenfince qu’on m’ordonne :Je me mettrai trop haut s’il faut que je me donne;Quoique aisément je cède aux ordres de mon roi,Il n’est pas bien aisé de m’obtenir de moi. [vices,Savez-vous quels devoirs, quels travaux, quels ser-Voudront de mon orgueil exiger les caprices?

Par quels degrés de gloire on me peut mériter?En quels affreux périls il faudra vous jeter?

Ce cœur vous est acquis après le diadème,

Princes ; mais gardez-vous de le rendre à lui-même.Vous y renoncerez peut-être pour jamaisQuand je vous aurai dit à quel prix je le mets.

séleucus. [ «oes

Quels seront les devoirs, quels travaux, quels ser-Pont nous ne vous fassions d’amoureux sacrifices ?Et quels affreux périls pourrons-nous redouter,

Si c’est par ces degrés qu'on peut vous mériter?

ANTIOCHUS.

Princesse, ouvrez ce cœur, etjugez mieux du nôtre ;Jugez mieux du beau feu qui brûle l’un et l’autre,Et dites hautement à quel prix votre choixVeut faire l’un de nous le plus heureux des rois.