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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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HODOCiUNE, ACTE IV, SCÈNE I.

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- c jugeant par leur prix de leur possession,

J éteins enfin ma flamme et mon ambition,

^t je vous céderais l’un et l’autre avec joie,dans la liberté que le ciel me renvoie,

La crainte de vous faire un funeste présent" e oie jetait dans lame un remords trop cuisant.Lérobons-nous, mon frère, à ces âmes cruelles,

Lt laissons-!es sans nous achever leurs querelles.

ANTIOCHUS.

Loinine j’aime beaucoup, j’espère encore un peu.‘ espoir ne peut s’éteindre où brille tant de feu ;t son reste confus me rend quelques lumièresOur j U g er m j eux - q Ue vous de ces âmes si fières.Ltoyez-moi, l’une et l’autre a redouté nos pleurs :eur fuite à nos soupirs a dérobé leurs cœurs;j s > tantôt leur haine eût attendu nos larmes,‘ eur haine à nos douleurs aurait rendu les armes.

p SÉI.EUCUS.

leurez donc à leurs yeux, gémissez, soupirez,

J e craindrai pour vous ce. que vous espérez.L u °i qu’en votre faveur vos (fleurs obtiennentj,_' ° Us faudra parer leurs haines mutuelles, [d’elles,‘ J tivez Tune de l’autre ; et peut-être leurs coups,

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tr,

Us trouvant au milieu, ne perceront

est,

que vous :

• °e qu’il faut pleurer. Ni maîtresse ni mère°ot pi us je choix ici ni de lois à nous faire ;

01 que leur rage exige ou de vous ou de moi,i;, °gune est à vous, puisque je vous fais roi,jfi'Cniez vos soupirs près de l’une et de l’autre.

' a ' trouvé mon bonheur, saisissez-vous du vôtre :

J g . .,

^ 11 e u suis point jaloux ; et ma triste amitié6 * e verra jamais que d’un œil de pitié.

SCÈNE VI.

ANTIOCHUS.

Je serais heureux si je n’aimais un frère !^rsqu’

il ne veut pas voir le mal qu’il se veut faire,a| nitié s’oppose à son aveuglement :

El] 6 a ^* i a l M)ur V()us i 111011 frère, également,

11 abusera point de cette violence* Lidignation fait à votre espérance.

0 ^santeur du coup souvent nous étourdit :

Et 6 * 101 * repoussé quand il s’approfondit ;Q U ^ U °' fitt’un juste orgueil sur l’heure persuade," e seut point son mal est d'autant plus malade ;(? t 0| nbres de santé cachent mille poisons,

Laitt ln ° rt Slllt 1 ,1 ’® S <es l ausses guérisons.

Ee n s,leilt les justes dieux rendre vain ce présage !Et " l ' ailt allons voir si nous vaincrons l’orage,

I -j Sl ' e ontre l'effort d’un si puissant courroux,llatu re et l’amour voudront parler pour nous.

ACTE QUATRIEME.

SCÈNE PREMIÈRE.

ANTIOCHUS, RODOGUNE.

ItODOGUNE.

Prince, qu’ai-je entendu? parce que je soupire,Vous présumez que j’aime, et vous m’osez le dire !Est-ce un frère, est-ce vous dont la téméritéS’imagine...

ANTIOCHUS.

Apaisez ce courage irrité,

Princesse ; aucun de nous ne serait téméraireJusqu’à s’imaginer qu’il eut l’heur de vous plaire :Je vois votre mérite et le peu que je vaux,

Et ce rival si cher connaît mieux ses défauts.

Mais si tantôtee cœur parlait par votre bouche, [che,II veut que nous croyions qu’un peu d’amour le tou-Et qu’il daigne écouter quelques-uns de nos vœux,Puisqu’il tient à bonheur d’être à l’un de nous deux.Si c’est présomption de croire ce miracle,

C’est une impiété de douter de l’oracle,

Et mériter les maux où vous nous condamnez,Qu’éteindre un bel espoir que vous nous ordonnez.Princesse, au nom des dieux, au nom de cettebodogunk. [flamme...

Un mot ne fait pas voir jusques au fond d’une âme ;Et votre espoir trop prompt prend trop de vanitéDes termes obligeants de ma civilité.

Je l’ai d'.t, ilestvrai ; mais, quoiqu’il en puisseêtre,Méritez cet amour que vous voulez connaître.Lorsque j'ai soupiré, ce n’était pas pour vous ;

J’ai donné ces soupirs aux mânes d’un époux ;

Et ce sont les effets du souvenir fidèle

Que sa mort à toute heure en mon âme rappelle.

Princes, soyez ses fils, et prenez son parti.

ANTIOCHUS.

Recevezdonc son cœur en nous deux réparti; [pire,Ce cœur, qu’un saint amour rangea sous votre em-Ce cœur, pour qui le vôtre à tous moments soupire,Ce cœur, en vous aimant indignement percé,Reprend pour vous aimer le sang qu’il a versé;

Il le reprend en nous, il revit, il vous aime,

Et montre, en vous aimant, qu'il est encor le meme.Ah! princesse, en l’état où le sort nous a mis,Pouvons-nous mieux montrer que nous sommes ses

ItODOGUNE. [fils?

Si c'est son cœur en vous qui revit et qui m aime,Faites ce qu’il ferait s’il vivait en lui-même;

A ce cœur qu’il vous laisse osez prêter un bras :Pouvez-vous le porter et ne 1 écouter pas ?