KODOf.UNE, ACTE IV, SCÈNE VIT.
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E e niai que t\i dois craindre et le feu qui te brûle;Et si pour l'ignorer tu crois t’en garantir,
Eu moins en l’apprenant commence à le sentir.
Le trône était à toi par le droit de naissance ;Eodogune avec lui tombait en ta puissance;lu devais l’épouser, tu devais être roi !
^lais ci■le
onime ce secret n’est connu que de moi,
e puis, comme je veux, tourner le droit d’aînesse,Et donne à ton rival ton sceptre et ta maîtresse.
SÉLEUCUS.
A mon frère ?
V,
CLEOl’ATRE.
C’est lui que j’ai nommé l’aîné.
SÉLEUCUS.
‘ <)Us ne m’affligez point de l’avoir couronné :
‘t Par une raison qui vous est inconnue,
propres sentiments vous avaient prévenue :
,es biens que vous m’ôtez n’ont point d’attraits si
Que
[doux
: mon coeur n’ait donnés à ce frère avant vous :Lt si vous bornez là toute votre vengeance,
° s désirs et les miens seront d’intelligence.
CLÉQPATRE.
^ es t ainsi qu’on déguise un violent dépit ;est ainsi qu’une feinte au dehors l’assoupit,
Et
lu on croit amuser de fausses patiences
p * 'iuh uiihioui vit/ tuuaato
Ux dont en l’âme on craint les justes défiances.
J’en prends à conserver malgré toi mon ouvrageDes jaloux attentats de ta secrète rage.
SÉLEUCUS.
Je le veux croire ainsi ; mais quel autre intérêtNous fait tous deux aînés quand et comme il vous
[plaît ?
Qui des deux vous doit croire, et par quelle justiceFaut-il que sur moi seul tombe tout le supplice,Et que du même amour dont nous sommes blessésIl soit récompensé, quand vous m’en punissez?
CLÉOPATBE.
Comme reine, à mon choix je fais justice ou grâce,Et je m’étonne fort d’où vous vient cette audace,I)’où vient qu’un fils, vers moi noirci de trahison,Ose de mes faveurs me demander raison.
SÉLEUCUS.
Vous pardonnerez donc ces chaleurs indiscrètes :Je ne suis point jaloux du bien que vous lui faites ;Et je vois quel amour vous avez pour tous deux,Plus que vous ne pensez, et plus que je ne veux ;Le respect me défend d’en dire davantage.
Je n’ai ni faute d’yeux ni faute de courage,Madame; mais enfin n’espérez voir en moiQu’amitié pour mon frère, et zèle pour mon roi.Adieu.
SCÈNE VII.
Quoi ! i
SÉLEUCUS.
! je conserverais quelque courroux secret !
CLÉOPÂTRE.
p 101 ! lâche, tu pourrais la perdre sans regret,
' e de qui les dieux te donnaient l’hyménée,
Elle (
Eoiu
! dont tu plaignais la perte imaginée?
SÉLEUCUS.
^Usidérer sa perte avec compassion,
1 es t pas aspirer à sa possession.
CLÉOPÂTRE.
1 mort la ravisse, ou qu’un rival l’emporte,‘leur d’un amant est également forte ;
( iui se console après l’instant fatal,durait voir son bien aux mains de son rival :
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Q“elaiï-n,
Et tel,
N’e
]| l< J ué îusques au vif, il tâche à le reprendre ;
Ij, a it de l’insensible, afin de mieux surprendre;h l ' u tant plus animé, que ce qu’il a perduUr rang
eut-êtr,
lr es;
g ou par mérite à sa flamme était dû.
SÉLEUCUS.
; mais enfin par quel amour de mère
i- r ” ez ' v ous tellement ma douleur contre un frère?*' e7 --vous intérêt à la faire éclater?
'eu
CLEOPATRE.
Prends à la connaître, et la faire avorter;
CLÉOPÂTRE.
De quel malheur suis-je encore capable!I.etir amour m'offensait, leur amitié m’accable;
Et contre mes fureurs je trouve en mes deux filsDeux enfants révoltés et deux rivaux unis.
Quoi ! sans émotion perdre trône et maîtresse !Quel est ici ton charme, odieuse princesse?
Et par quel privilège, allumant de tels feux,Peux-tu n’en prendre qu’un et m’ôter tous les deux ?N'espère pas pourtant triompher de ma haine :Pour régner sur deux cœurs, tu n’es pas encor reine.Je sais bien qu'en l’état où tous deux je les voiIl me les faut percer pour aller jusqu’à toi ;
Mais n'importe : mes mains sur le père enhardiesPour un bras refusé sauront prendre deux vies;I.eurs jours également sont pour moi dangereux :J'ai commencé par lui, j’achèverai par eux. [sent :
Sors de mon cœur, nature, ou fais qu’ils m’obeis-Fais-les servir ma haine, ou consens qu’ils périssent.Mais déjà l’un a vu que je les veux punir.
Souvent qui tarde trop se laisse prévenir.
Allons chercher le temps d’immoler nos victimes,j Et de me rendre heureuse à force de grands crimes.