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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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DON SANCUE D’A H AO ON, ACTE V, SCÈNE I. 291

"joins que d’une reine, il n’a pu s’enflammer;mon premier crime, et je ne puis vous dire

v oilà

Qu

! ni ’a fait infidèle, ou vous, ou done Elvire;

"Ois !a „...!.. i_-

Se (]

je sais que ce cœur, des deux parts engagé,

""liant à vous deux, ne s’est point partagé,"jours prêt d’embrasser son service et le vôtre,""jours prêt à mourir et pour l’une et pour l’autre.k" Ur n’en adorer qu’une, il eut fallu choisir ;

J ‘ e choix eut été du moins quelque désir,v, e "l"e espoir outrageux d etre mieux reçu d’elle,

'‘m Ai fo»»-» _ >. . *4. _• .n!i.\i„

H’a rien à prétendre en peut bien aimer deux,Y ['""dre en plus d’un lieu des soupirs et des vœux ;j "dà nion second crime : et quoique ma souffrance..'dais à ce beau feu n’ait permis d’espérance,y " e Puis sans mourir d’un désespoir jaloux, [vous.y 0 " dans les bras d’un autre, ou done F.lvire, ouj “""t que votre choix m’apprêtait ce martyre,ï t y' 1 ' 1 "" 5 m’y soustraire en suivant done Elvire,ji a an fniir auprès d’elle, attendant que le sort,l) ( i Ul1 se, ublable hymen, m’eut envoyé la mort.

l’occasion, que vous-même avez faite,q e ait quitter le soin d’une telle retraite,l’ai ° U ^i e a quelque temps abusé ma douleur;l ' u l )ar ces combats reculer mon malheur.e °"P de votre perte est devenu moins rude,

■J ai cru moins de crime à paraître infidèle.

"ts,

b( lue j’en ai vu l’heure en quelque incertitude,Qu'idaj’ai pu me faire une si douce loiiq a j n î am °rt vous donnâtuu plus vaillant que moi.,î e ,1 e " ai plus, madame, aucun combat à faire.(; ar Js Pour vous don Sanclie un époux nécessaire :i-es ^ U ' est 1 >0 " 1,: l’amour qui fait l’hymen des rois ;f ei|i / lls °" s de l’état règlent toujours leur choix :

ë l ' a "deur jamais ne se ravale,

Pt devant les yeux tin prince qui l’égale ;

AJ,.», 1S( l"e le saint nœud qui le fait votre épouxQn e ' 6 Coi " nl e sœur done Elvire avec vous,

Per J e lle Puis la voir sans voir ce qui me tue,Ptque . z 9 ue j’évite une fatale vue,

Q’uii ' e t lorte ailleurs les criminels soupirs"este malheureux de tant de déplaisirs.

Vq. ^ I). ISABELLE.

^i je j 11 ' eu ^i tes assez po,ur mériter ma haine,

Par (J lssa >s agir les sentiments de reine ;

Part e . secret je les sens confondus;

llai s n e ' e eonsens, et ne les troublez plus.

te], ' l0n : Pour fuir don Sanclie, attendez qu’on leQu e qjl )e "t être faux, et me rendre ma joie, [voie ;llaj s , S ' e ** Allez, marquis,j’y consens de nouveau ;

ce’, 1 '!' aut ‘lue partir, donnez-lui mon anneau :Qu e 6St t0 "fefois une faveur trop grande

' Pour

faut de faveurs une reine demande.

'Oljj CAJiLOS.

'Vit ,, ai, ' ez que je meure, et je dois obéir,V r eçe , ol) éissance à mon sort me trahir :

P°ur grâce un si juste supplice,

S’il en rompt la menace, et prévient la malice,

Et souffre que Carlos, en donnant cet anneau,Emporte ce faux nom et sa gloire au tombeau.C’est l’unique bonheur où ce coupable aspire.

D. ISABELLE.

Que n’êtes-vous don Sanclie! Ah ciel !qu’osé-je dire ?Adieu : ne croyez pas ce soupir indiscret.

CABLOS.

11 m’en a dit assez pour mourir sans regret.

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

D. ALVAR, I). ELVIRE.

I). ALVAR.

Enfin, après un sort à mes vœux si contraire,

Je dois bénir le ciel qui vous renvoie un frère ;Puisque de notre reine il doit être l’époux,

Cette heureuse union me laisse tout à vous.

Je me vois affranchi d’un honneur tyrannique.D’un joug que m’imposait cette faveur publique,D’un choix qui me forçait à vouloir être foi :

Je n’ai plus de combat à faire contre moi,

Plus à craindre le prix d’une triste victoire;

Et l’infidélité que vous faisait ma gloireConsent que mon amour, de ses lois dégagé,Vous rende un inconstant qui n’a jamais change,n. ELVIRE.

Vous êtes généreux, mais votre impatienceSur un bruit incertain prend trop de confiance;Et cette prompte ardeur de rentrer dans mes fersBlé console trop tôt d’un trône que je perds.

Ma perte n’est encor qu’une rumeur confuseQui du nom de Carlos, malgré Carlos, abuse;

Et vous ne savez pas, à vous en bien parler,Parquelleoffreetquels vœux on m’en peut consoler.Plus que vous ne pensez la couronne m’est chère;Je perds plus qu’on necroit, si Carlos est mon frère.Attendez les effets que produiront ces bruits;Attendez que je sache au vrai ce que je suis,

Si le ciel m’ôte ou laisse enfin le diadème,

S’il vous faut m’obtenir d’un frère ou de moi-même,Si, par l’ordre d’autrui, je vous dois écouter,

Ou si j’ai seulement mon cœur à consulter.

I). ALVAK.

Ah ! ce n’est qu’à ce cœur que le mien vous demande,Madame, c’est lui seul que je veux qui m entende;Et mon propre bonheur m accablerait d ennuiSi je n’étais à vous que par 1 ordre d autrui.Pourrais-je de ce frère implorer la puissance