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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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DON SANCHE D’ARAGON, ACTE V, SCÈNE IV.

Pour ne vous obtenir que par obéissance ;

Et, par un lâche abus de son autorité,

M’élever en tyran sur votre volonté ?

D. ELVIRE.

Avec peu de raison vous craignez qu’il arriveQu’il ait des sentiments que mon âme ne suive :Le digne sang des rois n’a point d’yeux que leursEt leurs premiers sujets obéissentle mieux, [yeux,Mais vous êtes étrange avec vos déférences,

Dont les submissions cherchent des assurances.Vous ne craignez d’agir contre ce que je veux,

Que pour tirer de moi que j’accepte vos vœux,

Et vous obstineriez dans ce respect extrêmeJusques à me forcer à dire « Je vous aime. »

Ce mot est un peu rude à prononcer pour nous ;Souffrez qu’à m’expliquer j’en trouve de plus doux.Je vous dirai beaucoup, sans pourtant vous rien dire.

Jesaisdepuisquel temps vous aimez doneElvire ;Je sais.ce que je dois, je sais ce que je puis :

.Mais, encore une fois, sachons ce que je suis ;

Et, si vous n’aspirez qu’au bonheur de me plaire,Tâchez d’approfondir ce dangereux mystère.Carlos a tant de lieu de vous considérer,

Que s’il devient mon roi, vous devez espérer.

D. ALVAR.

Madame...

I). ELVIRE.

En ma faveur donnez-vous cette peine ,Et me laissez, de grâce, entretenir la reine.

1). ALVAK.

J’obéis avec joie, et ferai mon pouvoirA vous dire bientôt ce qui s’en peut savoir.

SCÈNE II.

D. LÉONOR, D. ELVIRE.

»

D. LÉONOR.

Don Alvar me fuit-il?

I). ELVIRE.

Madame, à ma prière,

Il va dans tous ces bruits chercher quelque lumière.J’ai craint, en vous voyant, un secours pour ses feux,Et de défendre mal mon cœur contre vous deux.

n. LÉONOR.

Ne pourra-t-il jamais gagner votre courage?

D. ELVIRE.

Il peut tout obtenir, ayant votre suffrage.

1). LÉONOR.

Je lui puis donc enfin promettre votre foi ?

D. ELVIRE.

Oui, si vous lui gagnez celui du nouveau roi.

n. LÉONOR.

Et si ce bruit est faux, si vous devenez reine ?

1). ELVIRE.

Que vous puis-je répondre, en étant incertaine?

I). LÉONOR.

En cette incertitude on peut faire espérer.

n. ELVIRE.

Ou peut attendre aussi pour en délibérer :

On agit autrement quand le pouvoir suprême. ••

SCENE III.

1). ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIKl'-

I). ISABELLE. [inê» ie ’

J'interromps vos secrets, mais j’v prends part n 101Et j’ai tant d’intérêt de connaître ce (ils,

Que j’ose demander ce qui s’en est appris.

I). LÉONOR.

Vous ne m’en voyez point davantage éclaircie-

1). ISVlîELLE.

■Mais de qui tenez-vous la mort de don Garcie»

Vu que, depuis un mois qu’il vient des députes»On parlait seulement de peuples révoltés?

I). LÉONOR.

Je vous puis sur ce point aisément satisfaire;Leurs gens m’en ont donné la raison assez cla ire 'On assiégeait encor, alors qu’ils sont parti s >Dedans leur dernier fort don Garcie et son fil s ’On l’a pris tôt après : et soudain par sa prise

i franchi’

Don Raimond prisonnier recouvrant sa 1

Les voyant tous deux morts, publie à haute

. voN

roi s >

Que nous avions un roi du vrai sang de nos iQue don Sanche vivait, et part en diligencePour rendre à l’Aragon le bien de sa présence •

Il joint nos députés, hier, sur la fin du jour»

Et leur dit que ce prince était en votre cour-C’est tout ce que j’ai pu tirer d’un doniesMOutre qu’avec ces gens rarement on s’expl'd 11 *;’ .Comme ils entendent mal, leur rapport estconMais bientôt don Raimond vous dira le surp* uSQue nous veut cependant Blanche tout

éton» ee '

SCENE IV.

D. ISABELLE, D. LÉONOR, D- É- lVBLANCHE.

IRÉ»

Ah ! madame !

Votre Carlos...

blanche.

I>- ISABELLE.

Qu’as-tu?

BLANCHE.

La funeste journée !

B- ISABELLE.

Eh bien ?blanche.

Son père est en ces