Buch 
Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
Seite
295
JPEG-Download
 

DON SA NC II E I)’A II A Cf O N, ACTE V, SCÈNE VII.

2or>

n. LÉ030R.

Q u il entre. Pardonnez à mon impatiencel’ardeur de le voir et de l’entretenir^ v ant votre congé l'ose faire venir.

U. ISABELLE.

\° l, s pouvez commander dans toute la Castille,je ne vous vois plus qu’avec des yeux de lille.

SCÈNE VIT.

ï) - ISABELLE , D. T.ÉOAOR, D. ELVIBE,CARLOS , 1). 1MANRIQUE , D. LOPE,D- AL VA 11, BLANCHE'! D. RAIMOND.

CARLOS.

. "■> encor du sort un revers ridicule :

l'I r\

^ > madame, voyez si le billet du roi

°tdç à ,] on x\ a j m0 nd ce qu’il vous dit de moi.

LEO no u.

, P «livre l’écrin, el en tire un billel qu elle lit. )

tt yÜ!' 1 ’ Pomper un tyran je vous trompe vous-même.

l,s lèveriez ce iils que je vous fais pleurer :

D. LEONOR.

; :i, sscz là, don Raimond, la mort de nos tyrans,

^ l'endez seulement don Sanclie à ses parents.

•Cil ? peut-il braver nos lières destinées?

ç B. RAIMONl).

1 °rtant d’une prison de plus de six années,j® ^’ :| i cliercbé, madame, où, pour les mieux braver,ar l’ordre du feu roi je le lis élever'® c tant de secret, que même un second pèrey" l’estime son fils ignore ce mystère.

^''tsi qu’en votre cour Sanclie y fut son vrai nom,^ l’°n n’en retrancha que cet illustre Don.jA) j’ai su qu’à seize ans son généreux courage‘ uidigna des emplois de ce faux parentage;impatient déjà d’ëtre si mal tombé,

Sa fausse bassesse il s’était dérobé ;vUe déguisant son nom, et cachant sa famille,j a yait fait merveille aux guerres de Castille,j ,° u quelque sien voisin, depuis peu de retour,' av ait vu plein de gloire, et fort bien en la cour;• le du bruit de son nom elle était toute pleine,t .‘ ’1 était connu meme et chéri de la reine :

Av ' en ( l lle ce Pécheur, d’aise tout transporté,a| t couru chercher ce fils si fort vanté.

P 1). LÉONOR.

0,1 Raimond, si vos yeux pouvaient le reconnaî-

O D. RAIMONl). [tre...

l > Je le vois , madame;. Ab ! seigneur! ali ! mony d. lobe. [maître !

j ° Us 1 avions bien jugé : grand prince, rendez-vous ;

'erité parait, cédez aux vœux de tous,li D. LÉONOR.

U(jlX n

Manche, voulez-vous être seul incrédule?

«Cette erreur lui peut, rendre un jour le diadème’

« Et je vous l’ai caché pour le mieux assurer«Si ma feinte vers vous passe pour criminelle,

« Pardonnez-moi les maux qu’elle vous fait souffur,«De crainte que les soins de l’amour maternelle«Par leurs empressements le fissent découviir.

« Aligne, un pauvre pêcheur, s’en croit être le père;

« Sa femme en son absence accouchant d’un fils mort,«Elle reçut le vôtre, et sut. si bien se taire,

« Que le père et le fils en ignorent le sort.

« Elle-même l’ignore; et d’un si grand échange«Elle sait seulement qu’il n’est pas de son sang,«Et croit que ce présent, par un miracle étrange,«Doit un jour par vos mains lui rendre son vrai

[rang.

« A ces marques, un jour,daignezle reconnaître;

« Et puisse l’Aragon, retournant sous vos lois,

« Apprendre ainsi que vous, de moi qui l’ai vu naître.« Que Sanclie, fils de Aligne, est le sang de ses rois !

« BONI FERNAND D’ARAGON. »

D. LÉONOR , jiprc’s avoir lu.

Ab! mon fils, s’il en faut encore davantage,Croyez-en vos vertus et votre grand courage.CAIÏLOS , à I). Léonor.

Ce serait mal répondre à ce rare bonheurQue vouloir me délendre encor d’un tel honneur,(à D. Isabelle.)

Je reprends toutefois Aligne pour mon vrai père,

Si vous ne m’ordonnez, madame, que j’espère.

D. ISABELLE.

C’est trop peu d’espérer, quand tout vous est acquis.Je vous avais fait tort en vous faisant marquis ;Etions n’aurez pas lieu désormais de vous plaindreDe ce retardement où j’ai su vous contraindre.

Et pour moi, que le ciel destinait pour un roi,Digne de la Castille, et. digne encor de moi,J’avais mis cette bague en des mains assez bonnesPour la rendre à don Sanclie et joindre nos couron-n. CARLOS. [ nes

Je ne m'étonne plus de l’orgueil de mes vœuxQui, sans la partager, donnaient mon cœur à deux;Dans les obscurités d’une telle aventure,

L'amour se confondait avecque la nature.

1). ELVIBE.

Le nôtre y répondait sans faire honte au rang,

Et le mien vous payait ce que devait le sang.

CARLOS, à D. Elyire.

Si vous m’aimez encore, et m’honorez en frère,Un époux de ma main pourrait-il vous déplaire?D. ELVIBIS.

Si don Alvar de Lune est cet illustre époux,

Il vaut bien à mes yeux tout ce qui n’est point vous.

CA11LOS , à I). Elvirc.

Il honorait en moi la vertu toute nue.

( à D. Manrique cl à D. Lope.)

Et vous, qui dédaigniez nia naissance inconnue,