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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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NICOMEDE, ACTE 11, SCENE III.

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Elle a nourri vingt ans un prince votre fils ;

Et vous pouvez juger des soins quelle en a prisl'ar les hautes vertus et les illustres marquesQ u ‘ font briller en lui le sang de vos monarques.Surtout il est instruit en l’art de bien régner :

^est a vous de le croire, et de le témoigner.

Si V i

vous faites état de cette nourriture,Donnez ordre qu’il règne : elle vous en

Et

. v °us offenseriez l’estime qu’elle en fait

conjure ;

Si

Faiti

v ous le laissiez vivre et mourir en sujet.

tes donc aujourd’hui que je lui puisse direDit vous lui destinez un souverain empire

PBUSIAS.

Ees soins qu’ont pris de lui le peuple et le sénattrouveront en moi jamais un père ingrat :

•le crois que pour régner il en a les mérites,

Etn-VI

en veux point douter après ce que vous dites;

aïs vous voyez, seigneur, ie prince son aîné,

Dent le bras généreux trois lois m’a couronné;

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1 n e fait que sortir encor d’une victoire ;

Et pour tant de hauts faits je lui dois quelque gloire ;S°uffrez qu’il ait l’honneur de répondre pour moi.NICOMÈDE.

^ e 'gneur, c’est à vous setd de faire Attale roi.

' J est votre intérêt seul que sa demande touche.nicomède.

Ee vôtre toutefois m’ouvrira seul la bouche.

De

Y

( (Uoi se mêle Rome, et d'où prend le sénat,

ous vivant, vous régnant, ce droit sur votre état?^* v ez, régnez, seigneur, jusqu’à la sépulture,laissez faire après, ou Rome, ou la nature.

nnusiAS.

° Ur de pareils amis il faut se faire effort.

NICOMÈDE.

^ Ul Partage vos biens aspire à votre mort ;de pareils amis, en bonne politique...nnusiAS.

p 1 ■ de me brouillez point avec la république ;0r !ez plus de respect à de tels alliés.

NICOMÈDE.

puis voir sous eux les rois humiliés ;jjD ( lüel que soit ce fils que Rome vous renvoie,j,,. &ne dr, je lui rendrais son présent avec joie.ç, 1 si bien instruit en l’art de commander,un rare trésor qu’elle devrait garder,q f ° n server chez soi sa chère nourriture,u Pour le consulat, ou pour la dictature.

5^ FLAMINIUS, à Prusias.

Y lgne dr, dans ce discours qui nous traite si mal,c °ds voyez un effet des leçons d’Anniba! ;

Y P er fide ennemi de la grandeur romaine

en a mis en son cœur que mépris et que haine.

NICOMEDE.

m ais il m’a surtout laissé ferme en ce point,es thner beaucoup Rome, et ne la craindre point.

On me croit son disciple, et je le tiens à gloire ;

Et quand Elaminius attaque sa mémoire,

11 doit savoir qu’un jour il me fera raisonD’avoir réduit mon maître au secours du poison,Et n’oublier jamais qu’autrefois ce grand hommeCommença par son père à triompher de Rome.

FLAMINIUS.

Ah ! c’est trop m’outrager !

NICOMÈDE.

N’outragez plus les morts

PBUSIAS.

Et vous , ne cherchez point à former de discords ;Parlez et nettement sur ce qu’il me propose.

NICOMÈDE.

Eh bien ! s’il est besoin de répondre autre chose,Attale doit régner, Rome l’a résolu;

Et, puisqu’elle a partout un pouvoir absolu,

C’est aux rois d’obéir alors qu’elle commande, [de,Attale a le cœur grand, l’esprit grand, l'aine gra n -Et toutes les grandeurs dont se fait un grand roi.Mais c’est trop que d’en croire un Romain sur sa foi;Par quelque grand effet voyons s’il en est digne,S’il a cette vertu, cette valeur insigne :

Donnez-lui votre armée, et voyons ces grandscoups;Qu’il en fasse pour lui ce que j’ai fait pour vous ;Qu’il règne avec éclat sur sa propre conquête,

Et que de sa victoire il couronne sa tête.

Je lui prête mon bras, et veux dès maintenant,S’il daigne s’en servir, être son lieutenant.L’exemple des Romains m’autorise à le faire;

Le fameux Scipion le fut bien de son frère;

Et lorsque Antiochus fut par eux détrôné,

Sous les lois du plus jeune on vit marcher l’aîné.Les bords de l’Hellespont, ceux de la mer Égée,Le reste de l’Asie à nos côtés rangée,

Offrent une matière à son ambition...

FLAMINIUS.

Rome prend tout ce reste en sa protection ;

Et vous n’y pouvez plus étendre vos conquêtesSans attirer sur vous d’effroyables tempêtes.

NICOMÈDE.

J’ignore sur ce point les volontés du roi :

Mais peut-être qu’un jour je dépendrai de moi ;

Et nous verrons alors l’effet de ces menaces.

Vous pouvez cependant faire munir ces places,Préparer un obstacle à mes nouveaux desseins.Disposer de bonne heure un secours de Romains ,Et si Flaminius en est le capitaine,

Nous pourrons lui trouver un lac de Trasimène.

PBUSIAS.

Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté :

Le rang d’ambassadeur doit être respecte;

Et l’honneur souverain qu ici je vous défèi e...

NICOMÈDE.

Ou laissez-inoi parler, sire, ou taites-moi taireJe ne sais point répondre autrement pour un roi

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