306 N1COA1EDE, ACT
A qui dessus son trône on veut faire la loi.
PKUSIAS.
Vous m’offensez moi-même en parlant de la sorte;Et vous devez dompter l’ardeur qui vous emporte.
MCO MB DE.
Quoi! je verrai, seigneur, qu’on borne vos états,Qu’au milieu de ma course on m’arrête le bras,
Que de vous menacer on a même l’audace,
Et je ne rendrai point menace pour menace!
Et je remerdrai qui me dit hautement
Qu’il ne m’est plus permis de vaincre impunément !
PKUSIAS, à Flaminius.
Seigneur, vous pardonnez aux chaleurs de son âge ;Le temps et la raison pourront le rendre sage.
MCOMÈDE.
La raison et le temps m’ouvrent assez les yeux,
Et l’àge ne fera que me les ouvrir mieux.
Si j’avais jusqu’ici vécu comme ce frère,
Avec une vertu qui fut imaginaire
(Car je l’appelle ainsi quand elle est sans effets :
Et l’admiration de tant d’hommes parfaitsDont il a vu dans Rome éclater le mérite,
IVest pas grande vertu si l’on ne les imite) ;
Si j’avais donc vécu dans ce même reposQu’il a vécu dans Rome auprès de ses héros,
Elle me laisserait la Bithvnie entière,
Telle que de tous temps l'aîné la tient d’un père,
Et s’empresserait moins à le faire régner,
Si vos armes sous moi n’avaient su rien gagner :
Mais parce quelle voit avec la Bithvnie
Par trois sceptres conquis trop de puissance unie,
11 faut la diviser ; et, dans ce beau projet,
Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet !Puisqu’il peut la servir à me faire descendre,
Il a plus de vertu que n’en eut Alexandre ;
Et je lui dois quitter, pour le mettre en mon rang,
Le bien de mes aïeux, ou le prix de mon sang.
Grâces aux immortels, l’effort de mon courageEt ma grandeur future ont mis Rome en ombrage :Vous pouvez l’en guérir,seigneur, et promptement;Mais n'exigez d’un fils aucun consentement :
Le maître qui prit soin d’instruire ma jeunesseNe m’a jamais appris à faire une bassesse.
FI.AMIMUS.
A ce que je puis voir, vous avez combattu,
Prince, par intérêt, plutôt que par vertu.
Les plus rares exploits que vous ayez pu faireN’ont jeté qu’un dépôt sur la tète d’un père ;
Il n’est que gardien de leur illustre prix,
Et ce n’est que pour vous que vous avez conquis,Puisque cette grandeur à son trône attachéeSur nul autre que vous ne peut être épanchée.
Certes, je vous croyais un peu plus généreux :
Quand les Romains le sont, ils ne font rien pour eux.Scipion, dont tantôt vous vantiez le courage,
Ne voulait point régner sur les murs de Carthage;
E II, SCENE LU.
Et de tout ce qu’il fit pour l’empire romain11 n’en eut que la gloire et le nom d’Africain.
Mais on ne voit qu’à Rome une vertu si pure ;
Le reste de la terre est d’une autre nature.
Quant aux raisons d’état qui vous font concevonQue nous craignons en vous l’union du pouvoir,
Si vous en consultiez des têtes bien sensées,
Elles vous déferaient de ces belles pensées :
Par respect pour le roi je ne dis rien de plus ;Prenez quelque loisir de rêver là-dessus ;
Laissez moins de fumée à vos feux militaires,
Et vous pourrez avoir des visions plus claires.
MCOMÈDE.
Le temps pourra donner quelque décisionSi la pensée est belle ou si c’est vision.Cependant...
FLAMINIUS.
Cependant, si vous trouvez des charmesA pousser plus avant la gloire de vos armes,
Nous ne labornons point ; mais, commeilestper |lllSContre qui que ce soit de servir ses amis,
Si vous ne le savez, je veux bien vous l'apprendre,Et vous en donne avis pour ne vous pas surprends'Au reste, soyez sur que vous posséderezTout ce qu’en votre cœur déjà vous dévorez ;
Le Pont sera pour vous avec la Galatie,
Avec la Cappadoce, avec la Bithynie.
Ce bien de vos aïeux, ce prix de votre sang,
Ne mettront point Attale en votre illustre rang >
Et, puisque leur partage est pour vous un supin 1 ’Rome n’a pas dessein de vous faire injustice-Ce prince régnera sans rien prendre sur vous-(à Prusias.)
La reine d’Arménie a besoin d’un époux,Seigneur, l’occasion ne peut être plus belle ;
Elle vit sous vos lois, et vous disposez d’elle-
MCOMÈDE.
Voilà le vrai secret de faire Attale roi, j g
Comme vous l’avez dit, sans rien prendre sutLa pièce est délicate, et ceux qui l’ont tissueA de si longs détours font une digne issue.
.Je n’y réponds qu’un mot, étant sans intérêt. ^Traitez cette princesse en reine connue elle eNe touchez point en elle aux droits du diadème,
On pour les maintenir je périrai moi-même-Je vous en donne avis, et que jamais les rois,
Pour vivre en nos états, ne vivent sous nos l° lS ’Qu’elle seule en ces lieux d’elle-même dispose-
FlUISIAS. ,
N’avez-vous, Nicomède, à lui dire autre chose -
mcomèiïe. , uti
Non, seigneur, si ce n’est que la reine, apresSachant ce que je puis, me pousse trop a bo
rmisiAS. s0 len (,e?
Contre elle, dans ma cour, que peut votre m-