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NICOMÈDE, ACTE
III, SCÈNE IV.
FLAMINIUS.
^lus-je ne pas vous plaindre en cet aveuglement?Madame, encor un coup, pensez-y mûrement,Rongez mieux ce qu’est Rome et ce qu’elle peutfaire ;si vous vous aimez, craignez de lui déplaire.
Et
Carthage étant détruite, Antioclms défait,
Rien de nos volontés ne peut troubler l’effet :
* ont fléchit sur la terre, et tout tremble sur l’onde;Ct Rome est aujourd’hui la maîtresse du monde.
LAODICE.
Ca maîtresse du monde! Ah! vous me feriez peur® *1 ne s’en fallait pas l’Arménie et mon cœur,le grand Annibal n’avait qui lui succède,
‘^'1 ne revivait pas au prince Nicomède,
Ët s’il n’avait laissé dans de si dignes mains
E
'nfaillible secret de vaincre les Romains.
si vaillant disciple aura bien le courage
I)
e n mettre jusqu’au bout les leçons en usage :
L'Asie
Fo
Ce
en fait l’épreuve, où trois sceptres conquis
'flt voir en quelle école il en a tant appris, [êtresont des coups d’essai, mais si grands que peut-C® Capitole a droit d’en craindre un coup de maître,^ qu’il ne puisse un jour...
FLAMINIUS.
Ce jour est encor loin,Madame, et quelques-uns vous diront, au besoin,Quels dieux du haut en bas renversent les profanes.
Et
que, même au sortir de Trébie et de Cannes,
s °n ombre épouvanta votre grand Annibal.^ais le voici ce bras à Rome si fatal.
FLAMINIUS.
Ah! c’en est trop; et vous vous emportez.
NICOMÈDE.
Je m’emporte?
FL AMI NIDS.
Sachez qu’il n’est point de contréeOù d’un ambassadeur la dignité sacrée...
NTCOMÈDE.
Ne nous vantez plus tant, son rang et sa splendeur :Qui fait le conseiller n’est plus ambassadeur,
Il excède sa charge, et lui-même y renonce.
Mais dites-moi, madame, a-t-il eu sa réponse?
LAODICE.
Oui, seigneur.
NICOMÈDE.
Sachez donc que je ne vous prends plusQue pour l’agent d’Attale, et pour Flaminius;
Et, si vous me fâchiez, j’ajouterais peut-êtreQue pour l’empoisonneurd’Annibal, démon maître.Voilà tous les honneurs que vous aurez de moi :S’ils ne vous satisfont, allez vous plaindre au roi.
FLAMINIUS.
Il me fera justice, encor qu’il soit bon père ;
Ou Rome à son refus se la saura bien faire.
NICOMÈDE.
Allez de l’un et l’autre embrasser les genoux.FLAMINIUS.
Les effets répondiont; prince, pensez à vous.
SCÈNE IV.
SCÈNE III.
NICOMÈDE, LAODICE, FLAMINIUS.
NICOMÈDE.
11 Rome à ses agents donne un pouvoir bien large,11 v ous êtes bien long à faire votre charge.
T FLAMINIUS.
ç, Sa >s quel est mon ordre ; et, si j’en sors ou non,es t à d’autres qu'à vous que j’en rendrai raison.
NICOMÈDE.
’ez-y donc, de grâce, et laissez à ma flammee bonheur à son tour d’entretenir madame :
,. 0|ls avez dans son cœur fait de si grands progrès," 'os discours pour elle ont de si grands attraits,Q Ue s ans de grands efforts je n’y pourrai détruiree que votre harangue y voulait introduire.
» FLAMINIUS.
es malheurs où la plonge une indigne amitiée Usaient lui donner un conseil par pitié.
j . NICOMÈDE.
donner de la sorte un conseil charitable,
^ être ambassadeur et tendre et pitoyable.*ous a-t-il conseillé beaucoup de lâchetés,
^fadaine ?
NICOMÈDE, LAODICE.
NICOMÈDE.
Cet avis est plus propre à donner à la reine.
Ma générosité cède enfin à sa haine :
Je l’épargnais assez pour ne découvrir pasLes infâmes projets de ses assassinats;
Mais enfin on m’y force, et tout son crime éclate.J’ai fait entendre au roi Zénon et Métrobate ;
Et, comme leur rapport a de quoi l’étonner,Lui-même il prend le soin de les examiner.LAODICE.
Je ne sais pas, seigneur, quelle en sera la suite;Mais je ne comprends point toute cette conduite,Ni comme à cet éclat la reine vous contraint.
Plus ell e vous doit craindre, et moins elle vous craint ;Et plus vous la pouvez accabler d’infamie,
Plus elle vous attaque en mortelle ennemie.
NICOMÈDE.
Elle prévient ma plainte ; et cherche adroitementA la faire passer pour un ressentiment ;
Et ce masque trompeur de fausse hardiesseNous déguise sa crainte, et couvre sa faiblesse.
LAODICE.
I.es mvstères de cour souvent sont si cachés