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NïCOMÈDfi, ACTË Ht, SCÈNE Vit.
Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés.
Lorsque vous n’étiez point ici pour me défendre,Je n'avais contre Attale aucun combat à rendre;Rome ne songeait point à troubler notre amour :Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour;Et dans ce même jour Rome, en votre présence,Avec chaleur pour lui presse mon alliance.
Pour moi, je ne vois goutte en ce raisonnementQui n’attend point le temps de votre éloignement,Et j’ai devant les yeux toujours quelque nuageOui m’offusque la vue, et m’y jette un ombrage.Leroi chérit sa femme, il craint Rome; et, pour vous,S’il ne voit vos hauts faits d’un œil un peu jaloux,Du moins, à dire tout, je ne saurais vous taireQu’il est trop bon mari pour être assez bon père.Voyez quel contre-temps Attale prend,ici !
Qui l’appelle avec nous? quel projet? quel souci?Jcconeois mal, seigneur, ce qu’il faut que j’en pense:Mais j’en romprai le coup, s’il y faut ma présence.Je vous quitte.
SCÈNE Y.
NICOMÈDE, ATTALE, LAODICE.
ATTALE.
Madame, un si doux entretienN’est plus charmant pour vous quand j’v mêle lelaodice. [mien.
Votre importunité, que j’ose dire extrême,
Ale peut entretenir en un autre moi-même :
Il connaît tout mon cœur, et répondra pour moi,Comme à Flaminius il a fait pour le roi.
SCÈNE VI.
NICOMÈDE, ATTALE.
ATTALE.
Puisque c’est la chasser, seigneur, je me retire.
NICOMÈDE.
Non, non ; j’ai quelque chose aussi bien à vous dire,Prince. J’avais mis bas, avec le nom d’aîné,L’avantage du trône où je suis destiné;
Et voulant seul ici défendre ce que j’aime,
Je vous avais prié de l’attaquer de même,
Et de ne mêler point surtout dans vos desseinsNi le secours du roi, ni celui des Romains.
Mais, ou vous n’avez pas la mémoire fort bonne,Ou vous n’y mettez rien de ce qu’on vous ordonne.
ATTALE.
Seigneur, vous me forcez à m’en souvenir mal,Quand vous n’achevez pas de rendre tout égal.Vous vous défaites bien de quelques droits d’aînesse:Niais vous défaites-vous du cœur de la princesse,De toutes les vertus qui vous en font aimer,
Des hautes qualités qui savent tout charmer,
De trois sceptres conquis, du gain de six batailléDes glorieux assauts de plus de cent murailles?Avec de tels seconds rien n’est pour vous douteux-Rendez donc la princesse égale entre nous deux •Ne lui laissez plus voir ce long amas de gloireQu’à pleines mains sur vous a versé la victoire;Et faites qu’elle puisse oublier une foisEt vos rares vertus et vos fameux exploits;
Ou contre son amour, contre votre vaillance,Souffrez Rome et le roi dedans l’autre balance :Le peu qu’ils ont gagné vous fait assez jugerQu’ils n’y mettrontjamais qu’un contre-poidsléger-
NICOMÈDE.
C’est n’avoir pas perdu tout votre temps à Rome)Que vous savoir ainsi défendre en galant hommeVous avez de l’esprit, si vous n’avez du cœur.
SCÈNE VII.
ARSINOÉ, NICOMÈDE, ATTALE, ARASP F "
A1USPE.
Seigneur, le roi vous mande.
NICOMÈDE.
Il me mande?
AJ1ASPE.
Oui, seig n<,ur '
AHSINOÉ.
Prince, la calomnie est aisée à détruire.
NICOMÈDE.
J’ignore à quel sujet vous m'en venez instruire’Moi qui ne doute point de cette vérité,
Madame.
austnok.
Si jamais vous n’en aviez doutéPrince, vous n'auriez pas, sous l’espoirAmené de si loin Zenon et Métrobate.
NICOMÈDE.
Je m’obstinais, madame, à tout dissimuler ;Niais vous m’avez forcé de les faire parler.AltsrNOÉ.
T,a vérité les force, et mieux que vos largesses
Ces hommes du commun tiennent mal leurs p r °"
Tous deux en ont plus dit qu’ils n’avaient résolu-!.NICOMÈDE.
J’en suis fâché pour vous, mais vous l'avez ' 0AP.SINOÉ.
Je le veux bien encor, et.je n’en suis fâcheeQue d’avoir vu par là votre vertu tachée,
Et qu’il faille ajouter à vos titres d’honneurLa noble qualité de mauvais suborneur.
NICOMÈDE. ?
Je les ai subornés contre vous à ce compte'
AIISINOÉ.
J’en ai le déplaisir, vous en aurez la honte-
qui
vous
rflatte’