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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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NICOMÈDE, ACTE IV, SCÈNE I.

NICOMÈDE.

î-t vous pensez par là leur ôter tout crédit?

ABSINOÉ.

■^°n, seigneur ; je me tiens à ce qu’ils en ont dit.

NICOMÈDE.

Qu’ont-ils dit qui vous plaise, et que vous vouliezabsinoé. [croire?

^ e ux mots de vérité qui vous comblent de gloire.

NICOMÈDE.

J eut-on savoir de vous ces deux mots importants ?

ARASPE.

Seigneur, le roi s'ennuie, et vous tardez longtemps.

ABSINOÉ.

^°us les saurez de lui, c’est trop le faire attendre.

NICOMÈDE.

commence, madame, enfin à vous entendre :^°n amour conjugal, chassant le paternel.

V °us fera l’innocente, et moi le criminel.

Mais...

ABSINOÉ.

Achevez, seigneur ; ce mais, que veut-il dire?

^ NICOMÈDE.

'eux mots de vérité qui font que je respire.

-, ABSINOÉ.

cut-on savoir de vous ces deux mots importants?

NICOMÈDE.

°us les saurez du roi ; je tarde trop longtemps.

SCÈNE VIII.

Alt SIX O C, ATTALE.

Ni

ABSINOE.

;°us triomphons, Attale; et ce grand Nieomède°'t quelle digne issue à ses fourbes succède.

| es deux accusateurs que lui-même a produits,

T

Que

pour l’assassiner je dois avoir séduits,

N

^ur me calomnier subornés par lui-même,

°ut su bien soutenir un si noir stratagème :

* ::"s deux m’ont accusée, et tous deux avouéln fànie et lâche tour qu’un prince m’a joué.v- u en présence des rois les vérités sont fortes !

pour sortir d’un cœur elles trouvent de portes !Nu on en vo j(. j e n i enS onge aisément confondu !° Us deux voulaient me perdre, et tous deux l’ont

j- attale. [perdu.

suis ravi de voir qu’une telle imposture^ baissé votre gloire et plus grande et plus pure;g. ais pour l’examiner, et bien voir ce que c’est.,y '"«s pouviez vous mettre un peu hors d’intérêt,4y ll . S Ile pourriez jamais, sans un peu de scrupule,ç 0lr Pour deux méchants une Ame si crédule.

£ 8 l )er fides tous deux se sont dits aujourd’huis, d'Ornés par vous, et subornés par lui :

^°ntre tant de vertus, contre tant de victoires,q'| U '°" quelque croyance à des Ames si noires ?

1 Se confesse traître est indigne de foi.

ABSINOÉ.

Vous êtes généreux, Attale, et je le voi ;

Même de vos rivaux la gloire vous est chère.

ATTALE.

Si je suis son rival, je suis aussi son frère ;

Nous ne sommes qu’un sang, et ce sang dans monA peine à le passer pour calomniateur. [cœur

ABSINOÉ.

Et vous en avez moins à me croire assassine,

Moi, dont la perte est sûre à moins que sa ruine?

ATTALE.

Si contre lui j’ai peine à croire ces témoins,

Quand ils vous accusaient je les croyais bien moins.Votre vertu, madame, est au-dessus du crime.Souffrez donc que pour lui je garde un peu d’esti-La sienne dans la cour lui fait mille jaloux, [me :Dont quelqu’un a voulu le perdre auprès de vous ;Et ce lâche attentat n’est qu’un trait de l’envieQui s’efforce à noircir une si belle vie.

Pour moi, si par soi-même on peut juger d’autrui,Ce que je sens en moi, je le présume en lui.Contre un si grand rival j’agis à force ouverte,Sans blesser son honneur, sans pratiquer sa perte.J’emprunte du secours, et le fais hautement ;

Je crois qu’il n’agit pas moins généreusement,Qu’il n’a que les desseins où sa gloire l’invite,

Et n’oppose à mes vœux que son propre mérite.

ABSINOÉ.

Vous êtes peu du monde, et savez mal la cour.

ATTALE.

Est-ce autrement qu’en prince on doit traiter l’a-absinoé. [mour?

Vous le traitez, mon fils, et parlez en jeune homme.

ATTALE.

Madame, je n’ai vu que des vertus à Rome.

ABSINOÉ.

Le temps vous apprendra, par de nouveaux emplois,Quelles vertus il faut à la suite des rois.Cependant, si le prince est encor votre frère,Souvenez-vous aussi que je suis votre mère;

Et, malgré les soupçons que vous avez conçus,Venez savoir du roi ce qu’il croit là-dessus.

ACTE QUATRIÈME,

SCÈNE PREMIÈRE.

PRUSIAS, ARSINOÉ, ARASPE.

TRUSTAS.

Faites venir le prince, Araspe.

(Araspe mure.)

Et vous, madame,