311
NICOMÈDE, ACTE IV, SCÈNE I.
NICOMÈDE.
î-t vous pensez par là leur ôter tout crédit?
ABSINOÉ.
■^°n, seigneur ; je me tiens à ce qu’ils en ont dit.
NICOMÈDE.
Qu’ont-ils dit qui vous plaise, et que vous vouliezabsinoé. [croire?
^ e ux mots de vérité qui vous comblent de gloire.
NICOMÈDE.
J eut-on savoir de vous ces deux mots importants ?
ARASPE.
Seigneur, le roi s'ennuie, et vous tardez longtemps.
ABSINOÉ.
^°us les saurez de lui, c’est trop le faire attendre.
NICOMÈDE.
commence, madame, enfin à vous entendre :^°n amour conjugal, chassant le paternel.
V °us fera l’innocente, et moi le criminel.
Mais...
ABSINOÉ.
Achevez, seigneur ; ce mais, que veut-il dire?
^ NICOMÈDE.
'eux mots de vérité qui font que je respire.
-, ABSINOÉ.
cut-on savoir de vous ces deux mots importants?
NICOMÈDE.
°us les saurez du roi ; je tarde trop longtemps.
SCÈNE VIII.
Alt SIX O C, ATTALE.
Ni
ABSINOE.
;°us triomphons, Attale; et ce grand Nieomède°'t quelle digne issue à ses fourbes succède.
| es deux accusateurs que lui-même a produits,
T
Que
pour l’assassiner je dois avoir séduits,
N
^ur me calomnier subornés par lui-même,
°ut su bien soutenir un si noir stratagème :
* ::"s deux m’ont accusée, et tous deux avouéln fànie et lâche tour qu’un prince m’a joué.v- u en présence des rois les vérités sont fortes !
pour sortir d’un cœur elles trouvent de portes !Nu on en vo j(. j e n i enS onge aisément confondu !° Us deux voulaient me perdre, et tous deux l’ont
j- attale. [perdu.
suis ravi de voir qu’une telle imposture^ baissé votre gloire et plus grande et plus pure;g. ais pour l’examiner, et bien voir ce que c’est.,y '"«s pouviez vous mettre un peu hors d’intérêt,4y ll . S Ile pourriez jamais, sans un peu de scrupule,ç 0lr Pour deux méchants une Ame si crédule.
£ 8 l )er fides tous deux se sont dits aujourd’huis, d'Ornés par vous, et subornés par lui :
^°ntre tant de vertus, contre tant de victoires,q'| U '°" quelque croyance à des Ames si noires ?
1 Se confesse traître est indigne de foi.
ABSINOÉ.
Vous êtes généreux, Attale, et je le voi ;
Même de vos rivaux la gloire vous est chère.
ATTALE.
Si je suis son rival, je suis aussi son frère ;
Nous ne sommes qu’un sang, et ce sang dans monA peine à le passer pour calomniateur. [cœur
ABSINOÉ.
Et vous en avez moins à me croire assassine,
Moi, dont la perte est sûre à moins que sa ruine?
ATTALE.
Si contre lui j’ai peine à croire ces témoins,
Quand ils vous accusaient je les croyais bien moins.Votre vertu, madame, est au-dessus du crime.Souffrez donc que pour lui je garde un peu d’esti-La sienne dans la cour lui fait mille jaloux, [me :Dont quelqu’un a voulu le perdre auprès de vous ;Et ce lâche attentat n’est qu’un trait de l’envieQui s’efforce à noircir une si belle vie.
Pour moi, si par soi-même on peut juger d’autrui,Ce que je sens en moi, je le présume en lui.Contre un si grand rival j’agis à force ouverte,Sans blesser son honneur, sans pratiquer sa perte.J’emprunte du secours, et le fais hautement ;
Je crois qu’il n’agit pas moins généreusement,Qu’il n’a que les desseins où sa gloire l’invite,
Et n’oppose à mes vœux que son propre mérite.
ABSINOÉ.
Vous êtes peu du monde, et savez mal la cour.
ATTALE.
Est-ce autrement qu’en prince on doit traiter l’a-absinoé. [mour?
Vous le traitez, mon fils, et parlez en jeune homme.
ATTALE.
Madame, je n’ai vu que des vertus à Rome.
ABSINOÉ.
Le temps vous apprendra, par de nouveaux emplois,Quelles vertus il faut à la suite des rois.Cependant, si le prince est encor votre frère,Souvenez-vous aussi que je suis votre mère;
Et, malgré les soupçons que vous avez conçus,Venez savoir du roi ce qu’il croit là-dessus.
ACTE QUATRIÈME,
SCÈNE PREMIÈRE.
PRUSIAS, ARSINOÉ, ARASPE.
TRUSTAS.
Faites venir le prince, Araspe.
(Araspe mure.)
Et vous, madame,