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NICOMÈDE, ACTE IV, SCÈNE IV.
NICOMÈDE.
Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi ?Ne soyez l’un ni l’autre.
PRUSIAS.
Et que dois-je être?
mcomp.de.
Roi.
Reprenez hautement ce noble caractère.
Un véritable roi n’est ni mari ni père;
Il regarde son trône, et rien de plus. Régnez;Rome vous craindra plus que vous ne la craignez.Malgré cette puissance et si vaste et si grande,Vous pouvez déjà voir comme elle m’appréhende,Combien en me perdant elle espère gagner,
Parce qu’elle prévoit que je saurai régner.
PBUSIAS.
Je règne donc, ingrat ! puisque tu me l’ordonnes ;Choisis, ou T.aodice, ou mes quatre couronnes :Ton roi fait ce partage entre ton frère et toi ;
Je ne suis plus ton père, obéis à ton roi.
NICOMÈDE.
Si vous étiez aussi le roi de Laodice,
Pour l’offrir à mon choix avec quelque justice,
Je vous demanderais le loisir d’y penser :
Mais enfin pour vous plaire, et ne pas l’offenser,J’obéirai, seigneur, sans répliques frivoles,
A vos intentions, et non à vos paroles.
A ce frère si cher transportez tous mes droits,
Et laissez Laodice en liberté du choix.
Voilà quel est le mien.
PBUSIAS.
Quelle bassesse d’âme !
Quelle fureur t’aveugle en faveur d’une femme !Tu la préfères, lâche ! à ces prix glorieuxQue ta valeur unit au bien de tes aïeux !
Après cette infamie es-tu digne de vivre?
NICOMÈDE.
Je crois que votre exemple est glorieux à suivre :Ne préférez-vous pas une femme à ce filsPar qui tous ces états aux vôtres sont unis?
PBUSIAS.
Me vois-tu renoncer pour elle au diadème ?
NICOMÈDE.
Me voyez-vous pour l’autre y renoncer moi-même ?Que cédé-je à mon frère en cédant vos états?Ai-je droit d’y prétendre avant votre trépas?Pardonnez-moi ce mot, il est fâcheux à dire :
Niais un monarque enfin comme un autre homme ex-Et vos peuples alors ayant besoin d’un roi, [pire :Voudront choisir peut-être entre ce prince et moi.
Seigneur, nousn’avons pas si grande ressemblan-Qu’il faille de bons yeux pour y voir différence ; [ce,Et ce vieux droit d’aînesse est souvent si puissant,Que pour remplir un trône il rappelle un absent.Que si leurs sentiments se règlent sur les vôtres,Sous le joug de vos lois j'en ai bien rangé d’autres;
Et, dussent vos Romains en être encor jaloux,
Je ferai bien pour moi ce que j’ai fait pour vous.
PBUSIAS.
J’y donnerai bon ordre.
NICOMÈDE.
Oui, si leur artificeDe votre sang par vous se fait un sacrifice ;Autrement vos états à ce prince livrésNe seront en ses mains qu'autant que vous vivrez-Ce n’est point en secret que je vous le déclare;
Je le dis à lui-même, afin qu’il s’y prépare :
Le voilà qui m’entend.
PBUSIAS.
Va, sans verser mon sang»Je saurai bien, ingrat! l’assurer en ce rang;
Et demain...
SCÈJNE IV.
PRUSIAS, NICOMÈDE, ATTALE, FLAMlW uS ’AIVASPE, GARDES.
FL AMI NI US.
Si pour moi vous êtes en colère,Seigneur, je n’ai reçu qu’une offense légère :Le sénat en effet pourra s’en indigner;
Mais j’ai quelques amis qui sauront le gagner-
PBUSIAS.
Je lui ferai raison ; et dès demain AttaleRecevra de ma main la puissance royale :
Je le fais roi de Pont, et mon seul héritier-Et quant à ce rebelle, à ce courage fier,
Rome entre vous et lui jugera de l’outrage :
Je veux qu’au lieu d’Attale il lui serve d’otage »Et pour !’v mieux conduire, il vous sera donne»Sitôt qu’il aura vu son frère couronné.
NICOMÈDE.
Vous m’enverrez à Rome !
PBUSIAS.
On t’y fera justice-
Va, va lui demander ta chère Laodice.
NICOMÈDE.
J’irai, j’irai, seigneur, vous le voulez ainsi;
Et j’v serai plus roi que vous n’êtes ici.
FLAMINIUS.
Rome sait vos hauts faits, et déjà vous adore-
NICOMEDE.
Tout beau, Flaminius ! je n’y suis pas encore •
.a route en est mal sûre, à tout considérer •
‘.t qui m’y conduira pourrait bien s’égarer.
PRUSIAS. ,
v u’on le ramène, Araspe ; et redoublez sa ga rde ’(AAlUUe) , e
roi, rends grâces à Rome, et sans cesse regaJue, comme son pouvoir est la source du tien,En perdant son appui tu ne seras plus rien-