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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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A CT K V, SCÈNE 111

Soyons à notre tour de leur grandeur jaloux,

Et comme ils font pour eux faisons aussi poumons'.

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

ARS1NOÉ, ATT ALE.

ARSINOÉ.

J’ai prévu le tumulte, et n’en vois rien à craindre ;Comme un moment l’allume, un moment peut l’é-Kt, si l’obscurité laisse croître ce bruit, [teindre,Le jour dissipera les vapeurs de la nuit.

Je me fâche bien moins qu’un peuple se mutineQue de voir que ton cœur dans son amour s’obstine,Et d’une indigne ardeur lâchement embrasé,

Ne rend point de mépris à qui t’a méprisé.Venge-toi d’une ingrate, et quitte une cruelle,

A présent que le sort t’a mis au-dessus d’elle.

Son trône, et non ses yeux, avait dtl te charmer:Tu vas régner sans elle; à quel propos l’aimer?Porte, porte ce cœur à de plus douces chaînes.Puisque te voilà roi, l’Asie a d’autres reines.

Qui, loin de te donner des rigueurs à souffrir,T’épargneront bientôt la peine de t’offrir.

ATTALK.

Mais, madame....

ARSINOÉ.

Eh bien ! soit, je veux qu’elle se rende :Prévois-tu les malheurs qu’ensuile j’appréhende?Sitôt que d’Arménie elle t’aura fait roi,

Elle t’engagera dans sa haine pour moi.

Mais, ô dieux ! pourra-t-elle y borner sa vengeance ?Pourras-tu dans son lit dormir en assurance ?

Et refusera-t-elle à son ressentimentLe fer ou le poison pour venger son amant?Qu’est-ce qu’en sa fureur une femme n’essaie ?

ATT A LE.

Que de fausses raisons pour me cacher la vraie !Rome, qui n’aime pas à voir un puissant roi,

L’a craint en Nicomède, et le craindrait en moi.Je ne dois plus prétendre à l’hymen d’une reine,Si je ne veux déplaire à notre souveraine;

Et puisque la fâcher ce serait me trahir,

Afin qu’elle me souffre, il vaut mieux obéir.

Je sais par quels moyens sa sagesse profondeS’achemine à grands pas à l’empire du monde.Aussitôt qu’un état devient un peu trop grand,

Sa chute doit guérir l’ombrage qu’elle en prend.C’est blesser les Romains que faire une conquête,Que mettre trop de bras sous une seule tête;

Et leur guerre est trop juste après cet attentat

Quefaitsurleurgrandeurun telcrimed’état. [mes,Eux, qui pour gouverner sont lespremiers des hom-Veident que sous leur ordre on soit ce que nous soin-Veulent surtousles rois un si hautascendant [mes,Que leur empire seul demeure indépendant.

Je les connais, madame, et j’ai vu cet ombrageDétruire Antioehus, et renverser Carthage.

De peur déchoir comme eux,je veux bien m’abaisseL

Et cède à des raisons que je ne puis forcer.D’autant plus justement mon impuissance y cède,Que je vois qu’en leurs mains on livre Nicomède-Un si grand ennemi leur répond de ma foi;

C’est un lion tout prêt à déchaîner sur moi.ARSINOÉ.

C’est, de quoi je voulais vous faire confidence :Mais vous me ravissez d’avoir cette prudence-Le temps pourra changer ; cependant prenez so" 1D’assurer des jaloux dont vous avez besoin.

SCÈNE II.

FLAMINIUS, A U SI NO E, ATTALE.ARSINOÉ.

Seigneur, c’est remporter une hante victoireQue de rendre un amant capable de me croire •J’ai su le ramener aux termes du devoir,

Et sur lui la raison a repris son pouvoir.

FLAMINIUS.

Madame, voyez donc si vous serez capableDe rendre également ce peuple raisonnable-Le mal croît; il est temps d’agir de votre P art ’ r( ]Ou, quand vous le voudrez,vous le voudrez trop taNe vous figurez plus que ce soit le confondreQue de le laisser faire, et ne lui point répondre-Rome autrefois a vu de ces émotions,

Sans embrasser jamais vos résolutions.

Quand il fallait calmer toute une populace,

Le sénat n’épargnait promesse ni menace,

Et rappelait par là son escadron mutinEt dn mont Quirinal et du mont Aventin,

Dont il l’aurait vu faire une horrible descente,S’il eût traité longtemps sa fureur d’inipt» 6 ‘

Et Petit abandonnée à sa confusion,

Comme vous semblez faire en cette occasion-

ARSINOÉ.

Après ce grand exemple en vain on délibéré •

Ce qu’a fait le sénat montre ce qu’il faut taire ’Et le roi... Mais il vient.

SCÈNE III.

PRUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS,

attaé 1 "

PRUSIAS.

Je ne puis

plus douter,